Les Droits humains : filmographie du Festival International du Film des Droits de l’Homme

Le Festival International du Film des Droits de l’Homme est aujourd’hui la plus importante manifestation française pour voir des films qui témoignent de la lutte et de la reconnaissance des droits humains. Chaque année sont proposés des films de nombreux pays, que les réalisateurs viennent présenter.

Voici un extrait de l’éditorial de l’édition 2013 du festival, qui en présente les ambitions, par Vincent Mercier, son Directeur général et Jonathan Vaudey, chargé de programmation :

L’ambition d’un festival de films de droits de l’Homme comme le nôtre est double. Elle se porte à la fois sur la promotion des droits humains, afin d’en permettre une approche nouvelle, plus accessible, mais aussi sur la mise en avant de documentaires de création. En effet, le FIFDH de Paris est autant une manifestation engagée qu’un festival de cinéma. Et en tant que festival de cinéma, il défend une forme, à savoir le documentaire de création, qui recouvre lui-même un nombre illimité d’écritures. À travers notre programmation, nous souhaitons défendre l’idée que l’artiste, et plus particulièrement le cinéaste, peut et doit jouer un rôle de premier plan pour informer, apporter son propre regard sur le monde et dénoncer lorsqu’il le faut. Face à l’accroissement des bouleversements politiques, sociaux et environnementaux, les cinéastes peuvent, grâce à leurs images, remettre l’humain au centre de ces problématiques. 

Ainsi, il nous semble évident, pour établir une sélection de films qui traitent des questions des Droits de l’Homme, de piocher dans la programmation de ce festival et dans le travail mené tout au long de l’année par l’équipe d’Alliance Ciné, organisateur du festival.

Dans cette sélection, des films qui ont des cadres géographiques, sociaux et politiques très différents, mais qui relayent tous des luttes pour les droits humains ou leur reconnaissance : droits des enfants, mouvements dans la ville, combats de femmes, prison et détention, lutte contre la violence, droit de l’environnement, reconnaissance des crimes d’état…

Asie, le réveil ouvrier

Michael Sztanke, 2013

Un film qui éclaire la mobilisation grandissante des ouvriers chinois pour la reconnaissance de leurs droits. Et dévoile l’une des conséquences dramatiques de cette lutte légitime : la transplantation du modèle industriel chinois au Cambodge et au Bangladesh, ou des géants de du textile et de l’électronique sous-traitent une partie de leurs productions.

Namibie : le Génocide du IIe Reich

Anne Poiret, 2012

Entre 1904 et 1907, en Namibie - aux confins de l’Afrique Australe- pour la première fois, un État a planifié explicitement l’extermination de deux peuples : les Namas et les Héréros. L’Allemagne y a commis son premier génocide, le premier du XXème siècle.

Déménagement (Le)

Catherine Rechard, 2012

À Rennes, comme dans beaucoup d’autres villes françaises, la Maison d’arrêt construite au début du 20ème siècle déserte le centre ville pour un centre pénitentiaire situé en périphérie. Alors que le déménagement approche, les personnes détenues et les personnels se questionnent : quelle sera la vie dans cette nouvelle prison  ? Dans les deux établissements, le film s’interroge avec les personnages, sur la façon dont l’architecture interfère dans le mode de fonctionnement d’une prison.

High tech, low life

Stephen Maing, 2012

Alors que le gouvernement chinois multiplie les actions pour surveiller Internet et bloquer des sites web, la recrudescence de la censure a permis l’émergence de reporters citoyens prêts à enquêter sur des faits d’actualité. Parmi eux, deux bloggeurs : Zola et Tiger Temple.

One Day after peace

Miri Laufer, Erez Laufer, 2012

Robi Damelin a perdu son plus jeune fils, David, tué par un sniper palestinien alors qu’il armait un poste de contrôle militaire en Cisjordanie. Robi tente d’entamer un dialogue avec l’assassin de son fils, détenu dans une prison israélienne, et ses parents, sans succès. Elle décide alors de retourner en Afrique du Sud pour voir comment ce pays qui l’a vue naître s’est engagé dans une quête de pardon et de réconciliation après des décennies d’apartheid.

No Burqas Behind Bars

Nima Sarvestani, Maryam Ebrahimi, 2012

Ce film a été tourné dans son intégralité au sein d’une prison pour femmes en Afghanistan. Cet accès exceptionnel et sans précédent permet d’explorer la façon dont les «  crimes moraux  » sont utilisés pour contrôler les femmes en Afghanistan.

Sofia’s last ambulance

Ilian Metev, 2012

Dans une ville qui ne possède que 13 ambulances pour deux millions d’habitants, Krassi, Mila et Plamen sont nos héros improbables : gros fumeurs, bourrés d’humour et sans cesse en train de sauver la vie d’autrui, malgré le grand nombre d’obstacles.

Detropia

Heidi Ewing, Rachel Grady, 2012

Detropia crée une image onirique d’une ville magnifique au bord de la dissolution, Détroit. Ces pragmatistes émouvants et ces philosophes fidèles luttent pour joindre les deux bouts et donner un sens à leur vie en refusant de perdre espoir et d’arrêter de se battre. La détermination et le courage incarnent l’esprit de la ville de l’automobile qui se bat pour survivre à l’ère post-industrielle américaine et commencer à envisager un avenir radicalement différent.

Back to the square

Petr Lom, 2012

Un an après l’euphorie qui a envahi la Place Tahrir, les manifestants ne sont pas près de voir leurs objectifs réalisés. Le pays est dirigé d’une main de fer, la transition démocratique n’a pas encore eu lieu et le monde n’a plus les yeux tournés vers l’Égypte.

Eté avec Anton (Un)

Jasna Krajinovic, 2012

Anton, 12 ans, vit avec sa grand-mère dans une petite maison à la périphérie de Moscou. Il partage ses journées d’été avec ses amis et sa babouchka, volontiers complice de ses jeux. L’insouciance de ses vacances disparaît lorsqu’il part, comme la majorité des enfants russes, dans un camp d’entraînement militaire, où on le retrouve en uniforme, l’arme à la main…

Ceuta, douce prison

Jonathan Millet, Loïc H Rechi, 2012

Ceuta, douce prison inscrit la con­di­tion de cinq jeunes hommes dans les grandes prob­lé­ma­tiques actuelles de l’immigration. Camer­ounais, Soma­lien et Indien, ils ont tout quitté pour ten­ter leur chance en Europe mais se retrou­vent enfer­més dans une prison à ciel ouvert, l’enclave espag­nole de Ceuta, au Nord du Maroc.

Tiniest place (The)

Tatiana Huezo Sánchez, 2011

Dans le petit village de Cinquera, les souvenirs de la guerre civile du Salvador sont toujours bien ancrés dans le quotidien. La forêt – protectrice en temps de guerre et espace vital en temps de paix – est un témoin muet, à la fois gardien des traces des douloureux événements passés et leitmotiv de ce panorama visuel impressionnant d’une vie après la guerre.

Red Forest Hotel

Mika Koskinen, 2011

Dans les campagnes chinoises, des fermiers sont forcés de renoncer à leur terre pour se consacrer à la plantation d’arbres. La compagnie fino-suédoise Stora Enso plante des eucalyptus, qui engloutissent de grandes quantités d’eau.

Big Boys Gone Bananas!*

Fredrik Gertten, 2011

Jusqu’où peut aller une grande entreprise pour protéger son image de marque  ? Le réalisateur suédois Fredrik Gertten en a récemment fait l’expérience. Son précédent film, Bananas !*, fait le récit du procès intenté par 12 travailleurs de plantations de bananes au Nicaragua contre le géant fruitier Dole Food Company.

In my Mother’s arm

Atia al-Daradji, Mohamed al-Daradji, 2011

L’Irak compte aujourd’hui près d’un million d’orphelins. Après avoir découvert l’horreur des orphelinats gouvernementaux à Bagdad, Husham a créé une maison d’accueil de fortune pour donner aux enfants victimes de la guerre une nouvelle chance.

Bakoroman

Simplice Ganou, 2011

Quitter sa famille à sept, douze, seize ans. Partir en terrain inconnu. Apprendre à se droguer, à mendier, à voler, à fuir, à se battre… Ce film fait, de l’intérieur, le portrait de cinq Bakoroman sur la route qui les mène de leur village à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, à la recherche d’une vie meilleure.

La Place, la gestation du mouvement des Indignés

Adriano Morán Conesa, 2011

Le mouvement 15-M est une série de manifestations pacifiques spontanées, rassemblant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de personnes, apparues en Espagne à partir du 15 mai 2011. Les Indignés refusent d’être asservis à la finance et de subir l’austérité, ils aspirent à une démocratie réelle, en dehors des circuits politiques  !

Vol spécial

Fernand Melgar, 2011

Pour la première fois en Europe, une équipe de cinéma peut pénétrer dans un centre de détention pour sans-papiers. Dans ce huis clos carcéral, la tension monte au fil des jours dans l’attente de l’expulsion.

Tchernobyl forever

Alain de Halleux, 2011

Vingt-cinq ans après, et alors que la crise au Japon ravive le débat sur l’avenir du nucléaire, enquête sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl et sur ses représentations chez la jeune génération.

Fragments d’une révolution

Anonyme, 2011

«  Un citoyen, un média  » : vues par des Iraniens à l’étranger, les vidéos amateur du soulèvement iranien de 2009 ont l’allure d’un puzzle dont certaines pièces manquent

Tahrir

Stefano Savona, 2011

Le Caire, février 2011. Sur la place Tahrir on résiste, on apprend à discuter et à lancer des pierres, à inventer des slogans et à soigner les blessés, à défier l’armée et à préserver le territoire conquis — un espace de liberté où l’on s’enivre de mots…

12th & Delaware

Heidi Ewing, Rachel Grady, 2010

Sur la 12ème rue de Fort Pierce, en Floride, se trouve une clinique d’avortement. Juste en face, sur l’avenue Delaware, un centre pro-vie s’installe. Avec une façade quasiment identique, on le confond souvent avec la véritable clinique que le centre pro-vie espère faire fermer.

Sous surveillance

Didier Cros, 2010

Il n’y a pas de détenu sans surveillant. Durant plusieurs mois, Didier Cros a observé et filmé le quotidien de trois surveillants du centre de détention de Châteaudun et, par ricochet, celui des détenus.

Guerre de Wiebo (La)

David York, 2010

Au cours des années 1990, des puits de gaz naturel acide ont été creusés tout près de la ferme de la famille Ludwig sans tenir compte de ses inquiétudes quant aux conséquences d’une telle opération. Par la suite, le bétail a commencé à mourir et les membres de la famille se sont mis à avoir des problèmes de santé. Après avoir été ignoré durant cinq ans par les sociétés pétrolières et gazières, Wiebo Ludwig décide de leur déclarer la guerre.

Justice pour Sergeï

Hans Hermans, Martin Maat, 2010

Sergei Magnitsky était le représentant juridique du Fonds Hermitage en Russie. Il découvre une énorme fraude fiscale, commise par des membres du gouvernement russe. Pour avoir témoigné contre eux, il sera arrêté et torturé avant de mourir en détention.

Ouganda, au nom de Dieu

Dominique Mesmin, 2010

En Ouganda, un projet de loi prévoit l’emprisonnement à vie pour toute personne reconnue coupable d’homosexualité, et même la peine de mort dans certains cas. « Ouganda : Au nom de Dieu » suit et partage la vie d’Auf, un activiste gay de 26 ans obligé de se cacher. Sa vie a été détruite après que sa photo ait été rendue publique par un tabloïd.

Nosotros del Bauen (Nous autres du Bauen)

Didier Zyserman, 2010

Le film plonge au cœur de l’autogestion et rend compte de l’Argentine d’aujourd’hui, avec l’hôtel Bauen, construit au moment du mondial de football en Argentine, qui a accueilli pendant 25 années l’élite argentine, et qui est aujourd’hui autogéré par ses salariés.

Bananas !*

Fredrik Gertten, 2009

Juan “Accidentes” Dominguez travaille sur la plus grosse affaire de sa carrière. Représentant 12 Nicaraguayens, travailleurs dans des plantations de bananes, il s’attaque à la société Dole Food Company dans une bataille juridique inédite. La raison ? Avoir utilisé des pesticides interdits entraînant la stérilité, en toute connaissance de cause.

Forteresse (La)

Fernand Melgar, 2008

Pour la première fois, une caméra franchit la porte d’un centre d’accueil pour requérants d’asile en Suisse, sans aucune restriction. Elle nous offre un regard à hauteur d’homme sur un lieu de transit austère où 200 hommes, femmes et enfants attendent, entre doute et espoir, que l’État décide de leur sort.

Jesus Camp

Heidi Ewing, Rachel Grady, 2007

Les familles présentées dans ce film représentent une force électorale influente qui fait de plus en plus entendre sa voix dans la vie culturelle et politique américaine. Elles préparent non seulement le retour de Jésus, mais elles s’apprêtent également à « reprendre le pouvoir en Amérique au nom du Christ », entraînant avec elles leurs enfants.

The Boys of Baraka

Heidi Ewing, Rachel Grady, 2005

Vingt jeunes en difficulté âgés de 12 ans, issus des quartiers défavorisés les plus difficiles de Baltimore, quittent leurs foyers pour passer deux ans de leur scolarité à Baraka, une école expérimentale située au Kenya, en Afrique de l’Est. Là-bas, confrontés à un programme académique et disciplinaire strict, mais également à la possibilité d’être enfin des adolescents normaux, ces jeunes plein de courage tentent de prendre un nouveau départ.

Laphia, histoire d’un exemple

Safinez Bousbia, Gwennaël Bolomey, Alexandre Morel, 2005

Au-dessus de la ville de Cochabamba, juchée sur la cordillère des Andes, Laphia est une communauté indigène dont les habitants vivent tant bien que mal d’une agriculture de subsistance. Face au développement incontrôlé de la zone péri-urbaine de Cochabamba, en altitude l’eau devient objet de toutes les convoitises, que ce soit pour des usages agricoles, domestiques ou industriels.

J’ai serré la main du diable

Peter Raymont, 2004

Révélations sur l’action humanitaire pendant la guerre au Rwanda En avril 2004, pour le dixième anniversaire du génocide rwandais, le lieutenant-général Roméo Dallaire revient pour la première fois au Rwanda et affronte les souvenirs qui le hantent depuis une décennie. Mandaté par l’ONU en 1993, Dallaire a assisté, impuissant, au massacre de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en l’espace de quelques semaines…

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