Routes de l’esclavage (Les)

Un film de Daniel Cattier, Juan Gelas, Fanny Glissant

 2018  France  Documentaire  4 X 52 min  Couleur  Mode de production : Télévision

 Musique : Jérôme Rebotier  Image : Thomas Letellier, Antoine Monod  Montage : Audrey Maurion

Producteurs :
Compagnie des phares & Balises (108, avenue Ledru Rollin, 75011 Paris, France, Tel: + 33.(0)1.44.75.11.33, Fax: +33.(0)1.44.75.11.35, info@phares-balises.fr)
Arte France (8, rue Marceau, 92785 Issy-les-Moulineaux cedex 9, Tél : 01.44.30.46.00)
Kwassa films (286 chaussée d’Alsemberg, 1190 Bruxelles, BELGIQUE, Tél : + 32 (0) 491 95 40 32, @ : kwassa@kwassa.be)
RTBF (52, boulevard Auguste Reyers, 1044 Bruxelles, BELGIQUE, Tél : 32.2.737.21.11)
RTP (Radiotelevisao portuguesa) (Avenida 5 de Outubro, 197, P-1050-054 Lisboa, Portugal, Tel: 351 1 794 7000, Fax: 351 1 794 7373)
INRAP - Institut national de recherches archéologiques préventives (121 rue d’Alésia, CS 20007, 75685 Paris cedex 14, Tél : 01 40 08 80 00)

Menée dans huit pays, avec l’éclairage croisé d’historiens européens, africains et américains, cette ambitieuse série documentaire retrace la tragique épopée de la traite négrière au travers de ses circuits et de ses territoires. Pour la première fois, le film décrypte un phénomène mondial, à l’origine de la plus grande déportation de l’histoire de l’humanité. Par le prisme de la géographie et de l’économie, cette ample investigation historique, nourrie de témoignages et subtilement illustrée par des séquences d’animation, analyse ce système de domination massive au nom du profit – le commerce, l’émergence du capitalisme, la construction de la race, le colonialisme – et en restitue la violence et la barbarie. Loin du discours moralisateur ou victimaire, la série met aussi au jour avec acuité les traces profondes que cette histoire universelle a imprimées à notre monde contemporain, deux siècles après l’abolition de l’esclavage. Magistral.

Premier volet : 476-1375. Au-delà du désert.

Après la chute de Rome en 476, les peuples (Wisigoths, Ostrogoths, Berbères, Slaves, Byzantins, Nubiens et Arabes) se disputent les ruines de l’Empire. Tous pratiquent l’asservissement – « esclave » viendrait du mot « slave ». Mais au VIIe siècle émerge un Empire arabe. Au rythme de ses conquêtes se tisse, entre l’Afrique et le Moyen-Orient, un immense réseau de traite d’esclaves, dont la demande ne cesse de croître et qui converge vers Bagdad, nouveau centre du monde. Après la révolte des Zanj – des esclaves africains –, qui s’achève dans un bain de sang, le trafic se redéploie vers l’intérieur du continent. Deux grandes cités commerciales et marchés aux esclaves s’imposent : Le Caire au nord, et Tombouctou au sud, place forte de l’Empire du Mali d’où partent les caravanes. Au fil des siècles, les populations subsahariennes deviennent la principale « matière première » de ce trafic criminel.

Deuxième volet : 1375-1620.Pour tout l’or du monde

À l’issue des croisades, l’Europe à son tour se tourne vers l’Afrique, source d’immenses richesses. Contournant les musulmans en Méditerranée, les navigateurs portugais, qui convoitent l’or du continent, entreprennent en pionniers de le conquérir, et reviennent avec des milliers d’esclaves, issus notamment du royaume Kongo, pour les vendre en Europe du Sud, avec la bénédiction de l’Église. Sur l’île de São Tomé, sorte de « laboratoire » de l’esclavage situé au large du Gabon, ils passent du négoce de captifs à la production d’esclaves au service d’une plantation sucrière à la rentabilité inégalée, et mettent en place la première société esclavagiste. À partir de 1516, la découverte du Brésil ouvre de nouvelles routes de traite, inaugurant le commerce triangulaire entre les continents – or, esclaves, sucre. Bientôt apparaissent les premières communautés armées de fugitifs, les mocambos.

Troisième volet : de 1620 à 1789. Du sucre à la révolte.

Imitant le modèle portugais, Espagne, Hollande, France et Angleterre, en quête de colossaux profits, se disputent les Caraïbes pour y cultiver la canne. L’Atlantique devient le champ de bataille de la guerre du sucre, laquelle va multiplier les routes de l’esclavage à grand renfort d’investissements, avec la complicité des banques et des compagnies d’assurances. Alors que les méthodes s’industrialisent et que la terreur s’intensifie – razzias, tortures et décapitations publiques pour prévenir toute rébellion –, près de 7 millions d’Africains sont entraînés dans la tourmente, vendus par des marchands locaux à des flibustiers et armateurs négriers, tandis que s’élèvent en Europe les premières voix contre la barbarie de la traite, socle du capitalisme émergent.

Quatrième volet : de 1789 à 1888. Les nouvelles frontières de l’esclavage

À Londres, Paris et Washington, le courant abolitionniste gagne du terrain. Après la révolte des esclaves de Saint-Domingue, la Grande-Bretagne abolit la traite transatlantique en 1807. Mais l’Europe, en pleine révolution industrielle, ne peut se passer de la force de travail des esclaves. Pour satisfaire son besoin de matières premières, elle repousse les frontières de l’esclavage, fermant les yeux sur les nouvelles formes d’exploitation de l’homme au Brésil et aux États-Unis. En Afrique, l’Europe se lance dans de nouvelles conquêtes coloniales. À l’heure où la traite légale est enfin interdite, la déportation des captifs africains va exploser, plus importante que jamais. En cinquante ans, près de 2,5 millions de personnes sont déportées.

Le film dans la base

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