En quête d’Etat (Prove di stato)

Un film de Leonardo Di Costanzo

 1998  France  Documentaire  84 min  Couleur  Béta numérique, Béta SP  Mode de production : Cinéma  VOSTF (italien)

 Montage : Aurélie Ricard

Producteurs :
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Distributeurs :
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Les films d’Ici (62 Bd Davout, 75020 Paris, Tél : 01 44 52 23 23, Fax : 01 44 52 23 24, Mail : courrier@lesfilmsdici.fr)

Partout en Méditerranée, des femmes se dressent pour dire non à la violence publique. Luisa Bossa est de celles-là. Depuis son bureau de maire, à Ercolano, elle tient tête à la Camorra.

Situé à quelques kilomètres de Naples, au pied du Vésuve, Ercolano -l’antique Herculanum- compte aujourd’hui 60 000 habitants. Quand Luisa Bossa est élue, en 1995, à la tête d’une coalition de centre-gauche, la ville est dans un état déliquescent : le maire précédent a été assassiné en 1990 ; en 1993, le conseil municipal a été dissous pour infiltration camorriste et la ville placée sous tutelle préfectorale. Autant dire qu’entre clientélisme et réseaux mafieux, le poste n’est pas une sinécure.

“La première chose que j’ai faite juste après mon élection”, raconte Luisa, “ça a été d’acheter un drapeau italien, pas du tout par nationalisme naturellement, mais pour signifier que désormais, ici, il y avait l’Etat. Quand nous, les maires du sud, constatons l’absence de l’Etat, nous ne nous référons pas seulement aux questions d’ordre public, mais aussi à une mentalité très répandue qui fait que vivre selon des règles identiques pour tous reste encore un principe très abstrait”.

Armé d’une caméra légère, le documentariste Leonardo Di Costanzo a filmé Luisa Bossa pendant un an et demi au cours des permanences où elle reçoit ses administrés. De l’attribution des logements sociaux sans passe-droit à la suppression des taxis sans licence, le chemin vers la légalité est difficile ! Entre ceux qui ne comprennent pas les règles démocratiques, ceux qui font semblant de ne pas les comprendre et ceux qui peut-être, n’ont pas d’autre choix que de les contourner, les résistances sont énormes, les sentiments ambivalents.

Pour autant, Prove di stato n’est pas un document austère. Tout en dénonçant les magouilles, il enregistre aussi la verve napolitaine. Cela nous vaut quelques séquences d’anthologie, entre Shakespeare et commedia dell’arte… Une exubérance qui n’enlève rien au courage de Luisa Bossa et à son combat pour l’intégrité.

Une version plus courte de 54 min existe aussi intitulée « Luisa, au nom de l’État ».

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