Green boys

Un film de Ariane Doublet

 2019  France  Documentaire  71 mn et 52 mn  Couleur  Mode de production : Cinéma

 Scénario : Ariane Doublet  Image : Ariane Doublet  Son : Michaël Lheureux  Montage : Sophie Mandonnet, Ariane Doublet

Producteur :
Squaw Productions (39 rue de Charenton, 75012 Paris, @ : contact@squawproductions.com)

Alhassane est un jeune guinéen de dix-sept ans. Accueilli dans un petit village au bord de la mer en Normandie, il rencontre Louka, treize ans. Une amitié est née. Elle se construira jour après jour, comme leur cabane, lieu secret de l’enfance et refuge aux blessures.

« J’étais tout seul dans la ville. Je ne pouvais parler à personne. Ce qui tournait dans ma tête, c’est où je vais dormir ? J’ai passé quelque temps à la gare, et j’ai dormi dehors. Trois jours plus tard il y a un jeune qui m’a demandé ce que je fais là. Il m’a dit qu’il ne peut pas m’héberger mais il a donné l’adresse d’une association. J’ai été accueilli chez des français. Dans différentes maisons. À chaque fois ils me prennent comme leur propre fils.»

Note d’intention de la réalisatrice

Je fais partie d’une association havraise, Des lits solidaires, qui organise l’accueil chez des particuliers de jeunes migrants arrivés en France. C’est ainsi qu’Alhassane est arrivé chez moi au mois d’août. J’habite un petit village de 300 habitants sur le littoral normand. C’est en cherchant des partenaires de foot pour Alhassane que nous avons rencontré Louka. Dès le premier jour, il est venu chercher Alhassane à la maison pour l’emmener au terrain de foot. Là, il a branché une enceinte sur son téléphone portable, il a mis de la musique et ils ont commencé un free style avec le ballon.

Tous les matins Louka est venu chercher Alhassane à la maison. Ils partaient à vélo dans la campagne ou descendaient à la mer par la valleuse d’Etigues. Grâce à ce petit blond fin et agile, joyeux et précis, Alhassane renouait avec sa part d’enfance. Louka veillait sur ce beau grand gars un peu réservé, qui disait de lui : Louka c’est mon ami.

Alhassane a quitté son pays natal, la Guinée Conakry à 14 ans. Il a beaucoup marché. Il a traversé l’Algérie. Il a été emprisonné en Lybie. Il a travaillé sans être payé. Il a été secouru en méditerranée parmi d’autres naufragés. Il est resté 6 mois dans un camp en Sardaigne, puis est finalement arrivé au Havre deux ans plus tard, seul, sa mère restée en Guinée. La première période d’accueil s’est achevée. Louka et Alhassane se sont séparés en se promettant de se retrouver aux prochaines vacances, et de construire leur cabane dans la valleuse d’Etigues. La valleuse d’Etigues est un lieu encore par endroit sauvage, d’une belle topographie. C’est une brèche qui s’ouvre vers la mer, perçant les falaises de craie. On peut y trouver des grottes, des renards et des lapins en quantité. Des baies, des sources d’eau douce, des génisses et des taurillons dans les herbages. Quelques parcelles cultivées… Un ou deux éleveurs de bovins, chasseurs, cueilleurs, promeneurs, baigneurs et pêcheurs occasionnels. D’ici descend le petit chemin vers la plage, la mer et son horizon. À Etigues le temps se dépose dans un découpage singulier. Temps durant lequel la cabane s’installera méticuleusement. La cabane dans la valleuse d’Etigues sera comme un lieu hors de tous les lieux. Un espace absolument autre. Comme la contestation de tous les autres espaces sociaux. La cabane sera aussi un refuge aux blessures. Celles d’Alhassane, souvent profondes, se raconteront par morceaux, à l’oreille de Louka, petit à petit.

France télévision

Le film dans la base

Chemin d’accès :
Projeté dans le festival :