Filmer Calais

Nous profitons de la soirée de projections-rencontres qui se tient le 6 juin 2017 au Musée national de l’histoire de l’immigration autour du thème «  Filmer Calais  » pour vous proposer une sélection de films sur ce sujet.

Que veut dire aujourd’hui filmer Calais  ? Et comment filmer  ? À l’opposé des images, nombreuses, véhiculées dans les médias, il ne s’agit pas ici de faire des «  films sur… » , mais de faire des «  films avec… ». Ce qui signifie un temps long de présence pour le cinéaste, un rapport de confiance avec les personnes filmées, les accompagenr dans leur quotidien, dans leurs tentatives de traverser la Manche, dans leur espoirs et désespoir, filmer les interventions policières, filmer aussi les médias, comme le fait Sylvain George par exemple.

Dans cette sélection, autant de films que de regards de cinéastes : certains films ont été tournés pendant plusieurs années, d’autres sur un temps plus restreint. Certains réalisateurs ressentent le besoin de poser des textes sur les images, alors que d’autres, comme Nathalie Loubeyre, prennent le parti de ne mettre aucune parole sur leurs images. Certains choisissent aussi de filmer en noir et blanc…

Bref, chaque film traduit une manière personnelle de filmer Calais…

Regarde ailleurs

Arthur Levivier, 2018

Arthur Levivier a rencontré les exilés à Calais pendant et après le démantèlement de la «  jungle  ». Durant plus d’un an, il a parlé avec des hommes et des femmes d’origine soudanaise, afghane, éthiopienne, érythréenne, mais aussi des habitants de Calais. Surtout, il a filmé ce que les médias mainstream ne montrent jamais : les violences policières, les injustices… et la force des réfugiés, leurs espoirs et leur capacité à rire de la situation, quoiqu’il arrive.

Sur la route

Annabelle Amoros, 2016

Dans cette vidéo, Calais prend l’allure d’un film de science-fiction, où le contrôle est omniprésent, visible ou invisible, quadrillant la ville, les quartiers, les rues, et tout qui s’y passe.

Autre jour en France (Un)

Jean-Gabriel Périot, 2016

Une minute Lumière à Calais.

Corps interdits (Les)

Jérémie Reichenbach, 2016

Le film dénonce la violence de l’Etat dans les brumes et le froid du campement de Calais. Avec poésie et douceur, il évoque les solidarités existantes, et les voix des migrants se mêlent aux images de la «  jungle  ».

Nulle part en France

Yolande Moreau, 2016

Yolande Moreau a passé une dizaine de jours dans les jungles de Calais et de Grande-Synthe en janvier 2016, et elle en revient avec un film témoignage dans lequel alternent les interviews réalisées sur le «  terrain  » avec les textes écrits par Laurent Gaudé et lu par l’actrice et réalisatrice.

Éclats. Ma gueule, ma révolte, mon nom (Les)

Sylvain George, 2011

Éclats de voix, éclats de rire, éclats de rage  ; bribes de mots, d’images et de mémoire  ; paroles du proche et du lointain, d’hier et d’aujourd’hui, d’Afrique, Moyen-Orient, Europe  ; maladies disparues, mains de métal, souffle du vent, geste du soleil au couchant, reflets rouge-sang  ; rafles policières, cortèges guerriers, cour d’injustice… Pour une cartographie de la violence infligée aux personnes migrantes, de la répétition de la geste coloniale, et du caractère inacceptable du «  monde comme il va  ».

Qu’ils reposent en révolte (Des figures de guerre)

Sylvain George, 2010

Ce documentaire traite sur une durée de trois ans (2007-2010), de la situation des personnes migrantes à Calais.

No comment

Nathalie Loubeyre, 2008

Ils sont Afghans, Iraquiens, Kurdes, Palestiniens, Erythréens, Somaliens, Soudanais… Ils ont fui la guerre, les massacres, l’insécurité, la misère. Six ans après la fermeture de Sangatte, ils sont toujours aussi nombreux à tenter de passer en Grande-Bretagne.

No London today

Delphine Deloget, 2007

Ce documentaire est une plongée dans l’errance et l’attente à Calais de Chafik, Aron, Abraham, Henok et Ermias, des jeunes réfugiés qui tentent de passer illégalement en Angleterre.

Border

Laura Waddington, 2004

En 2002, Laura Waddington a passé plusieurs mois dans les champs autour du camp de la Croix-Rouge à Sangatte avec des réfugiés afghans et irakiens qui essayaient de traverser le tunnel sous la Manche pour rejoindre l’Angleterre.

Pour aller plus loin