Bloody sunday

Un film de Paul Greengrass

 2002  Royaume-Uni, Irlande  Fiction  107 mn  Couleur  35 mm  Mode de production : Télévision  VOSTF (anglais)

 Adapté de : la nouvelle de Don Mullan « Eyewitness Bloody Sunday »  Scénario : Paul Greengrass  Musique : Dominic Muldoon, U2  Image : Ivan Strasburg  Son : Albert Bailey  Montage : Clare Douglas

 Distribution : J. Nesbitt, T. Pigott-Smith, N. Farrell, G. McSorley, K. Kiera Clarke

Producteurs :
Granada Television (The London Television Centre,, Upper Ground,, London SE1 9LT, Tel +44 (0)20 7620 1620)
Portman Entertainment Group Ltd (Advance Ho 101,, Ladbroke Grove, London, Greater London, W11 1TG, England, Tel. 020 74683456)
Hell’s Kitten (Pas de coordonnées pour le moment)
Distributeur :
Haut et court (38, rue des martyrs, 75009 Paris, Tél : 01 55 31 27 27, Fax : 01 55 31 27 28, Mail : info@hautetcourt.com)
 Éditeur :
Aventi Distribution (1-5 rue Jean Monnet, 94130 Nogent sur Marne, Tél. 01.53.48.38.50, Mail. info@aventidistribution.com)

En Irlande du Nord, le 30 janvier 1972, treize personnes meurent dans les rues de la ville de Derry et quatorze autres sont blessés par les balles de l’armée britannique – des citoyens désarmés qui participaient à une marche de protestation contre le décret du gouvernement britannique autorisant les internements préventifs. Cette journée, qui est entrée dans l’Histoire sous le nom de " dimanche sanglant « , marque le début de la guerre civile armée en Irlande du Nord. Le film de Paul Greengrass relate cette journée en reconstituant dans les moindres détails les événements, de manière réaliste, autour de quatre personnages principaux.

« Tourné caméra à l’épaule, « saisi » au milieu du bruit de la fureur, Bloody Sunday essaie de recréer au plus près l’enchaînement des événements du 30 janvier 72.

Paul Greengrass filme ce qu’il connaît : écrivain et réalisateur de films-documentaires, dont un sur la grève de la faim des membres de l’IRA en prison, il donne une vision juste et poignante, humaine mais documentée de ce drame qui déclencha un conflit sans fin. Grâce à la reconstitution dans les rues de la ville de la manifestation, par ses habitants dont certains l’avaient vécue, et à la présence incroyable des acteurs professionnels ou non, le film devient paradoxalement un témoignage bouleversant, recréant le chaos d’un jour-symbole d’une véritable déclaration de guerre.

Ce film sincère ne peut sans doute pas être qualifié de partisan. Après presque trente ans de recul sur les événements de Derry, restent les faits : l’armée anglaise a tiré sur des gamins qui les attaquaient avec des pierres et sur des civils non armés. Dans une recherche inquiète de la vérité, Greengrass essaie de comprendre le pourquoi et le comment de ce massacre en suivant, sans temps morts, les chemins croisés de plusieurs hommes pendant vingt-quatre heures. Ivan Cooper, politicien idéaliste mène la manifestation, « un des droits de la démocratie », pour un combat qu’il trouve juste, tandis qu’un général anglais buté, tout droit sorti des Sentiers de la gloire, tente d’inculquer par la force le respect de la loi et de l’ordre, à une population depuis longtemps hostile.

Ce film démontre avec subtilité comment les rancoeurs, l’incompréhension, l’agressivité latente et les décisions militaires absurdes peuvent aboutir à une tuerie, et pourquoi des idées ou des paroles presque anodines font basculer l’Histoire dans le sang. Les images traumatisantes d’un homme agitant un mouchoir blanc abattu d’une balle dans la tête devant ses proches impuissants ou les visages des familles endeuillées dans le désordre de l’hôpital suffisent pour comprendre les causes du long conflit irlandais. Ce « dimanche sanglant » a marqué la victoire de l’IRA et la défaite de la paix. Greengrass montre que la guerre est née de la peur, de la colère et de la vengeance, dans les regards perdus puis révoltés de ces adolescents qui ont vu mourir leurs amis sous leurs yeux incrédules. »

Source : ARTE , « BLOODY SUNDAY » de Delphine Valloire

« Lorsque j’ai commencé à réflechir à ce que serait Bloody sunday, j’ai revu La Bataille d’Alger (1966). La puissance du film reste intacte. Il démontre que la guérilla est peut-être le seul moyen de se libérer de l’oppression. Il a été tourné avant les événénements les plus tragiques. Il les annonçait, et il en est aujourd’hui l’écho. Dans Bloody sunday, mon propos devait être différent. Je ne pouvais pas signer un film militant, en tout cas engagé d’un côté ou de l’autre. A la différence de La Bataille d’alger qui exalte la victoire de l’idéalisme, Bloody sunday raconte sa triste défaite.

[…]

[c’]est avant tout un film qui s’adresse autant aux Irlandais qu’aux Britanniques. C’est un enjeu de taille. Je ne sais pas si cela est totalement perceptible pour vous, mais le « Bloody Sunday » est un tel symbole! Chaque partie a sa version de l’histoire. Il n’existe aucun récit commun du « Bloody sunday ». Il y a le point de vue des anglais et il y a le point de vue des irlandais. Et ils ne se rencontrent pas. Dans ce sens, oui, c’est un film qui offre une nouvelle donne. »

Paul Greengrass, réalisateur

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