Art war

Un film de Marco Wilms

 2013  Allemagne  Documentaire  90 mn  Couleur  DCP  Mode de production : Télévision  VOSTF (arabe)

 Scénario : Marco Wilms  Musique : Ramy Essam  Image : Bashir Mohamed Wagih, Marco Wilms, Ali Khaled, Abdelrhman Zin Eldin, Emanuele Ira  Son : Max Hussel  Montage : Stephan Talneau

Producteur :
Helden film (Muskauer Str. 23, D-10997 Berlin, ALLEMAGNE, @ : marcowilms@heldenfilm.de)

Graphs, bombes de peinture, pochoirs, et un réel talent : telles sont les armes clandestines de la «  guerre des images  » déclarée, début 2011, lors du soulèvement populaire contre le régime de Moubarak, par de jeunes révolutionnaires égyptiens, pratiquant un art de rue aussi radical que créatif. Quand Marco Wilms commence à filmer Ganzeer et Ammar, en juin 2011, ainsi que l’écrivain Hamed Abdel-Samad, leurs images et leurs slogans visent en priorité le Conseil suprême des Forces armées, qui détient le pouvoir depuis la chute du dictateur. Mais au-delà, leur «  contre-propagande  » lutte contre toutes les forces conservatrices qui entravent les libertés individuelles au sein d’une société autocratique, bravant les tabous pour dénoncer l’oppression des femmes ou la violence d’État. Tank contre vélo (Ganzeer) ou portraits géants de «  martyrs  » de la révolution (Ammar), leurs œuvres font fleurir la beauté, l’humour et la colère sur les murs oubliés de la ville. Un art populaire hérité, affirme Ammar, de celui qui orne depuis toujours les maisons de Louxor, sa ville natale. Un art de la provocation, revendique Ganzeer, aussi destiné à réveiller une majorité prompte à oublier la démocratie qu’elle réclamait place Tahrir.

Dans leur sillage, Marco Wilms a filmé deux années de fièvre créative et politique, qui ont vu la double trahison de leurs espoirs révolutionnaires, avec la mainmise des Frères musulmans sur le pays, d’abord, puis le coup d’État militaire qui a déposé le président Mohammed Morsi, en juillet 2013. Dans une séquence saisissante, l’écrivain Hamed Abdel-Samad est pris à partie par une foule de jeunes islamistes, qui jugent sacrilège son sweat-shirt. Dans une autre, un propagandiste salafiste explique comment il réalise un film destiné à discréditer les jeunes militants du camp adverse. Un aperçu passionnant sur la vitalité du printemps égyptien, mais aussi sur les immenses clivages qu’il a révélés au sein de la société.

(Arte)

Le film dans la base

Chemin d’accès :
Période :
Projeté dans les festivals :
FIPA (Biarritz)