Fête est finie (La)

Un film de Nicolas Burlaud

 2014  France  Documentaire  72 mn  Couleur  Mode de production : Cinéma

 Musique : Laurent Pernice, Pierre-Laurent Bertolino, Dupain, Keny Arkana  Image : Nicolas Burlaud, Push Anonym, Elphège Berthelot, Kalamity Frame,Thomas Hakenholz, Jean-Marc Lamoure, Etienne la favouille  Son : Alain Mathieu, Fabio Christiny, Jules Jasko  Montage : Nicolas Burlaud, Agathe Dreyfus

 Participants : Alessi Dell’Umbria, Bruno Le Dantec, Collectif « On se laisse pas faire » , Un centre-ville pour tous, Karima Berriche, Jean-Claude Gaudin, David Atkins (Hammerson inc.),…

Producteur :
Distributeurs :
360° et même plus (c/o Mille Babords, 61 rue Consolat, 13001 Marseille, Tél : 04 91 91 50 08, @ : distrib@360etmemeplus.org)

Marseille est en passe de devenir une ville comme les autres. Sous les assauts répétés des politiques d’aménagement, elle se lisse, s’embourgeoise, s’uniformise. Cette transformation se fait au prix d’une exclusion des classes populaires, repoussées toujours plus au Nord. Son élection en 2013 au titre de capitale européenne de la culture a permis une accélération spectaculaire de cette mutation. Là ou brutalité et pelleteuses avaient pu cristalliser inquiétude, résistances et analyses, les festivités nous ont plongés dans un état de stupeur. Elles n’ont laissé d’autre choix que de participer ou de se taire.

Le film revient sur l’année 2013, ou Marseille fut élue « capitale européenne de la Culture », et porte un regard critique sur l’opération, et sur son utilisation comme un accélérateur des processus de mutations urbaines qui redessinent la ville. « La fête est finie » tresse trois récits :

  • Celui de l’épisode du cheval de Troie : les Danaéens, ayant sans succès assiegé la ville de Troie pendant dix ans décident d’employer la ruse. Les Troyens, découvrant le cheval, débattent pour savoir s’il faut s’en méfier ou lui faire honneur. Cassandre les presse de le détruire mais la majorité décide de le faire entrer dans Troie. Ils préparent alors une fête immense et ornent les temples de feuillage de fête. On sait comment se termine l’histoire.

  • Celui des festivités organisées pendant l’année « Capitale de la Culture ». Des grands évènements de rue qui prennent une dimension métaphorique, lorsque les marseillais défilent lors d’une grande transhumance de moutons guidée par une femme en longue robe blanche juchée sur 3 chevaux noirs, où lorsque un artiste de rue fait fabriquer au public une Ville de carton.

  • Celui de la transformation urbaine de Marseille, véritable campagne militaire par exemple sur la façade maritime, rebaptisée « waterfront » par les élites locales et leurs « partenaires privés ». On voit aussi quelles résistances ce processus engendre, certains se demandant quelle place leur sera laissée dans « la Ville Nouvelle » qu’on leur promet.

Au delà de l’interêt local, le film dresse le portrait de la concurrence acharnée que se livrent les villes moyennes et grandes en Europe pour attirer les investisseurs et la petite bourgeoisie intellectuelle qui fait les métropoles. Il pose également un regard sur le renversement historique que nous vivons où « la Culture », vecteur et valeur traditionnels d’émancipation pourrait bien devenir, si ses acteurs ne s’interrogent pas sérieusement sur leur rôle, une arme au service de la bourgeoisie d’affaire et des promoteurs immobiliers.

(source : Primitivi)

Pour découvrir ce film

Sur internet :

Le film dans la base

Chemin d’accès :
Projeté dans le festival :
Festival du film engagé (Saint-Gênes-Champanelle (63))