Rome plutôt que vous

Un film de Tariq Teguia

 2006  France, Algérie  Fiction  111 mn  Couleur  35 mm, Dvd  Mode de production : Cinéma

 Musique : El Hachemi el Kerfaoui Tchamba  Image : Nasser Medjkane, Hacène Aît Kaci  Son : Corinne Gigon, Kader Affak, Myriam René, Laurent Thomas  Montage : Andrée Davanture, Rodolphe Molla

 Distribution : Rachid Amrani : Kamel, Samira Kaddour : Zina, Ahmed Benaïssa : Policier, Kader Affak : Malek

Producteurs :
Neffa films (71, rue du Colonel Si M’Hamed, 16202 Aïn Benian, W.d’Alger, ALGÉRIE, Tél : 06 76 62 30 18 - 00 213 62 09 65 00, @ : neffafilms@hotmail.com)
INA productions (4, avenue de l’Europe, 94366 BRY-SUR-MARNE, Tél : 01 49 83 26 90 / 01 44 23 11 22, Fax : 01 49 83 25 97, Mail : sdec@ina.fr)
Flying moon (Rosa-Luxemburg-Str. 40, D-14482 Potsdam, ALLEMAGNE, Tél : 49 (0) 331 70425 - 0, @ : helge@flyingmoon.com)
Distributeur :
Shellac (Friche La Belle de Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille, France, tél :04 95 04 95 92, @ : shellac(@)altern.org)
 Éditeur :
Shellac (Friche La Belle de Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille, France, tél :04 95 04 95 92, @ : shellac(@)altern.org)

Durant plus de dix années, l’Algérie a vécu une guerre lente, une guerre sans ligne de front mais ayant causé plus de 100 000 morts. C’est ce désert que Zina et Kamel – deux jeunes algérois tantôt hallucinés et joyeux, tantôt abattus et sereins – voudront sillonner une dernière fois avant de le quitter.

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Dans ce film, on parlera autant politique que filles, cigarettes et terrorisme, faux papiers et coupures d’eau dans la langue de ceux qui le traversent. Tout mettre dans le désordre pour entendre ce qu’un statut social devrait refuser aux personnages, leurs paroles ponctuées par des cartons, des mots qui oscillent entre le conflit en cours et l’amour, tout cela, pour espérer faire surgir la joie logée dans la pesanteur des violences.

Comment faire un film en Algérie sans s’intéresser aux montagnes ou aux oasis sahariennes ? Tenter un film sur le présent et ne faire qu’avec lui, un film hors la mémoire d’une gloire passée et regrettée, un film sans costumes et sans paysages sublimes, à moins de voir le désert dans la ville.

Comment filmer une guerre qui prétend à la discrétion ? En filmant le ténu, c’est-à-dire en filmant moins ce qui se joue derrière le mur, mais le mur lui-même. Filmer donc, non pas un grand récit, juste un paysage d’événements.

Un film qui suivrait des corps traversés par l’effroi ou un chant de Cheb Azzedine. Non, toutes les filles ne baissent pas les yeux dans la rue, oui, beaucoup de jeunes Algérois veulent fuir ! Pas seulement pour des raisons matérielles — travail, logement — mais par refus, même inconscient, d’une société de l’enfermement.

Dans ce film, on verra que la violence prend la forme d’événements brutaux et rapides. Il n’y a à Alger et dans sa périphérie immédiate, aucune zone de conflit ouvert. La violence est brève, même s’il arrive qu’elle prenne les motifs les plus sanglants : voitures piégées, embuscades contre des policiers ou des civils, opérations nocturnes des forces de police. Evénement du quotidien, la violence n’en est pas moins présente. Elle n’est pas extraordinaire, elle est l’ordinaire du quotidien. Faire un road movie au ralenti, sur les distances courtes d’un quartier en construction. Un parcours qui s’opposerait au dehors — ralentissement généralisé de la ville qui se referme sur elle-même — dans un labyrinthe fait de carcasses de maisons inachevées, de vrais et faux barrages, de balles que l’on entend siffler, de corps statufiés au pied des immeubles. Une progression en périphérie, dans un dédale de décombres récents du chantier Algérie, entre la boucle et la ligne droite.

(extrait du dossier de presse du film)

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