Nos traces silencieuses

Un film de Myriam Aziza, Sophie Bredier

 1998  France  Documentaire  57 mn  Couleur  35 mm  Mode de production : Cinéma  VF

 Scénario : Sophie Bredier, Myriam Aziza  Image : Cécile Grenier, Jean-Marc Bouzou  Son : Sophie Laloy  Montage : Nadine Tarbouriech

 Participants : Sophie Bredier, Frédérique Blondiaux, Maurice Mimoun, Bernadette Bredier, Jacques Bredier, Ouy Hong Ta, Elie Buzyn, Jacqueline Li, Jacob Li

Producteurs :
INA productions (4, avenue de l’Europe, 94366 BRY-SUR-MARNE, Tél : 01 49 83 26 90 / 01 44 23 11 22, Fax : 01 49 83 25 97, Mail : sdec@ina.fr)
Agat films et cie (52, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris, Tél : 01 53 36 32 32, Fax : 01 43.57.00.22, @ : courrier@agatfilms.com)
Distributeur :
Épicentre films (55 rue de la Mare, 75020 Paris, Tél : 01 43 49 03 03, Fax : 01 43 49 03 23, Mail : epicentrefilms@noos.fr)

« Je ne suis jamais retourné en Corée. Depuis l’âge de quatre ans, mon horizon est ici en France. De là-bas, il ne me reste plus rien ou presque. Des images, des souvenirs, si fragiles que je doute souvent. Et puis, j’ai ces marques sur la peau… »

Tout est parti de là, faire un film sur la mémoire, fragile et trompeuse mais parfois si vivace, sur les souvenirs qui imprègnent toute son existence et sur les liens qu’on entretient avec son passé.

En suivant l’itinéraire tracé par ses marques corporelles, Sophie Brédier interroge ses souvenirs sans relâche et, de rencontre en rencontre, parvient peu à peu à reconstituer le puzzle de son passé coréen.

Sophie Brédier a consacré trois films à la recherche de ses origines et de son identité culturelle : « Nos traces silencieuses » est le premier volet, suivi de « Séparées » et « Corps étranger ».

«Nos traces silencieuses» est un très beau film, une oeuvre de cinéma. Il part de quelques cicatrices, traces muettes que l’héroïne et réalisatrice porte sur elle et qui gardent le secret de son enfance qu’elle a vécue et oubliée (comme chacun de nous) sauf qu’elle est venue de Corée à l’âge de quatre ans sans jamais connaître l’histoire qui l’a amenée ici en France.

Ce secret que son corps porte et garde jalousement elle va le traquer avec sa compagne co-réalisatrice en faisant bien attention à ce que c’est qu’un signe, c’est-à-dire en prenant au sérieux le signe lui-même avant de se soucier de sa signification. Elle part donc de la peau, de sa peau et c’est à la sauver que le film tire son énergie magnifique où la mémoire tant espérée, presque inimaginable revient avec certitude. Certitude, intuition, le film avance à la recherche de ce qui existe et est caché sans jamais vouloir détruire ce qui a existé, au contraire et il est magnifique de voir ce malentendu entre parents et enfants, aussi clairement décrit : les parents adoptifs (comme les autres) menacés à l’idée que leur fille sache une vérité qu’ils se sont efforcés d’oublier de peur qu’elle ne démente leur lien avec leur fille alors que rien ne peut défaire ce lien puisque l’existence même de la réalisatrice en est la preuve.

L’ivresse qui la saisit dans cette certitude que le secret qu’elle recherche est un trésor sans lequel elle ne peut vivre, est interprété par ses parents comme un signe qui pourrait les démentir, comme si on ne pouvait jamais rien attendre d’autre d’un signe qu’il nous parle d’abord de nous, qu’il nous désigne, qu’il dise notre nom, et notre qualité. Et c’est justement dans la recherche de son signe à elle, de ce qu’il cache que se sont engagées Sophie Bredier et Myriam Aziza laissant passer patiemment les malentendus pour saisir le moindre indice qui peut les rapprocher du trésor.

Elles se battent contre un monstre : l’Histoire qui brise et qui détruit sans pitié les histoires individuelles, mais le désir qui anime ce film telle une étincelle permanente ne fait qu’une bouchée du silence du monstre. La jeune fille n’a pas rêvé : elle est bien vivante !

Claire SIMON, texte de soutien de l’Acid

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