Life and debt

Un film de Stephanie Black

 2003  Royaume-Uni  Documentaire  85 min  Couleur  35 mm  Mode de production : Cinéma  VOSTF (anglais)

 Scénario : Jamaica Kincaid  Image : John Bentham  Son : Caleb Mose, Brenda Ray  Montage : John Mullen

Producteur :
Distributeur :
Eurozoom (4 bis rue de l’armée d’orient, 75018 Paris, Tél : 01 42 93 73 55, Fax : 01 42 93 71 99, Mail : eurozoom@eurozoom.fr)
 Éditeur :
Blaq out (52, rue Charlot, 75003 Paris, tél : 01 42 77 88 20, fax : 01 42 77 88 19, mail : info@blaqout.com)

Tandis que la télévision jamaïcaine diffuse des images de révolte dans le township de Kingston, les charters américains déversent leur cargaison de touristes à Antiga Bay. De la pauvreté qui ronge l’île, étouffée par une dette extérieure de 4,2 milliards de dollars, ces derniers ne verront rien, ne comprendront rien, éblouis qu’ils seront par le soleil de ce paradis tropical. Ayant souligné la détresse de la population et le désarroi des dirigeants, suscités par l’engrenage de cet impossible remboursement, la documentariste américaine Stéphanie Black s’attache à montrer « l’enfer du décor ». Alternant interviews et témoignages des acteurs et victimes de cette situation, elle dresse un réquisitoire extrêmement sévère contre le Fonds Monétaire International et la Banque mondiale, ainsi que, dans leur sillage, les multinationales et l’Organisation Mondiale du Commerce. Le témoignage de M. Manley, Premier ministre dans les années 70, après quatre cents ans de colonisation britannique et dix ans d’indépendance, est particulièrement amer : après avoir initié une politique économique et sociale ambitieuse au début de son mandat, il a dû, à la suite du choc pétrolier, mettre son pays dans les rets d’un système pervers d’emprunts à taux excessifs, qui ont bloqué un développement à long terme et enfoncé l’île dans la misère, favorisant les importations de produits étrangers au détriment des productions locales sacrifiées. Les témoignages des producteurs de lait, de canne à sucre et de bananes de l’île, comme ceux des ouvriers exploités des nouvelles zones franches, sont, à ce titre, très poignants. Pratiquant une agriculture de qualité, les premiers ne peuvent lutter contre les importations massives que de nouveaux accords avec le FMI ont autorisées. Privés des réglementations qui les protégeaient, ils se voient contraints de détruire leurs invendus. Quant aux seconds, ils vivent une situation de quasi esclavagisme dans des usines de textiles, îlots de non droit exemptés de taxes et installés dans la zone portuaire à l’instigation des instances internationales, dont les dividendes ne profitent en rien à l’économie locale. La tragédie vécue par les habitants de l’île est mise en parallèle avec le cynisme (portant le masque du réalisme) des banquiers, et les erreurs coupables des gouvernants. Baigné par le reggae, sur un commentaire tiré du livre A Small Place de Jamaïca Kincaid, Life and Debt (« la vie et la dette », comme « la vie ou la mort ») est un constat, certes militant, donc partisan, mais cruellement réaliste, du calvaire que vit la population, profondément religieuse, d’une île qui aurait tout pour être effectivement un paradis pour les siens aussi.

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