Eau, service public à vendre

Un film de Leslie Franke, Hermann Lorenz

 2005  Documentaire  58 mn  Couleur  Mode de production : Télévision  VO, VOSTF (allemand)

 Musique : Hinrich Dagefvar, Frank et Stefan Wulff  Image : Hermann Lorenz, Stefan Corinth, Marika Kavouras  Son : Stefan Corinth, Julian Brower  Montage : Hermann Lorenz, Rainer Markgraf

Distributeur :
Voir & Agir (119 rue Pierre Sémard, 93000 Bobigny, Tél : 01 42 45 50 87, Port : 06 07 94 46 14, mail : voireagir@wanadoo.fr)
 Éditeur :
Voir & Agir (119 rue Pierre Sémard, 93000 Bobigny, Tél : 01 42 45 50 87, Port : 06 07 94 46 14, mail : voireagir@wanadoo.fr)

L’eau est à l’origine de la vie.

Nous apprécions les choses importantes de la vie quand nous n’en disposons plus : c’est le cas pour l’eau. Il suffit d’ouvrir le robinet et l’eau potable coule. Ce qui se passe dans le tiers-monde devrait pourtant nous indiquer que rien n’est garanti.

Mais, plus près de nous, chez nos voisins européens, que se passe-t-il ?

Les multinationales, comme Suez et Veolia en France et RWE en Allemagne, rachètent les services de l’eau partout dans le monde avec, pour conséquence, l’augmentation des flux financiers. Pourquoi les grandes compagnies agissent-elles ainsi ? Pour augmenter leurs profits et accroître leur valeur marchande à la Bourse.

Est-ce que cela procure au consommateur une meilleure qualité de l’eau et un meilleur service à des prix raisonnables ? En observant ce qui s’est passé en Angleterre, la réponse est « non ».

Parce que les collectivités sont de plus en plus endettées, les villes cèdent leurs services de l’eau aux compagnies privées.

Le film montre les effets de la privatisation de l’eau en Angleterre au cours des 15 dernières années et quelles sortes de conséquences peuvent dèjà être observées dans plusieurs villes allemandes. À Berlin, la capitale, par exemple, Thames Water, RWE et Veolia ont acheté 49,9% des services de l’eau. Aux termes de l’accord, la ville de Berlin leur garantit l’intégralité de la gestion et un bénéfice minimum. À défaut, c’est le Sénat de Berlin (le gouvernement du « land ») qui est responsable des dommages. La ville, déjà très endettée, a dû renoncer à une partie du bénéfice de Berlin Water Works et la restituer au gestionnaire privé au titre de la garantie.

Cela ressemble à une spoliation, n’est-ce pas ?

Les résultats sont les mêmes partout : suppressions d’emplois, moins d’investissements dans la maintenance des conduites, plus de fuites d’eau. La qualité de l’eau dépend de la gestion des risques. Combien coûte la maintenance, pendant combien de temps peut-on éviter des réparations ? Certes cela garantit un bon niveau de bénéfices pour les entreprises privées, mais que dire de la qualité de l’eau ? Pourquoi un groupe allemand comme RWE achète-t-il des sociétés comme Thames Water à Londres et American Water ? Pour le profit ! Et qui paye ? La bonne nouvelle est que la résistance se développe.

En France, les cinq prochaines années seront des années cruciales pour le service public de distribution de l’eau, avec la renégociation de très nombreux contrats avec le privé. Ce documentaire allemand, sous-titré en français, vient opportunément nous rappeler les grands enjeux de la gestion de l’eau.

Pour découvrir ce film

Sur internet :

Le film dans la base

Incontournable dans les chemins d’accès :
Autres chemins :

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur ce sujet : Dossier : Fresh water : a hot business - Expériences, luttes et alternatives au pouvoir débordant des multinationales de l’eau