Je ne veux pas être paysan

Un film de Tanguy Le Cras

 2018  France  Documentaire  52 min  Couleur  Mode de production : Télévision

 Scénario : Tangui Le Cras, Anne Paschetta  Image : Guillaume Kozakiewiez  Son : Valentine Gelin, Thierry Compain  Montage : Suzana Pedro

Producteur :
Vivement lundi ! (11 rue Denis Papin, 35000 Rennes, Tél : 02 99 65 00 74, Fax : 02 99 65 03 74, @ : contact@vivement-lundi.com)
Distributeur :
Vivement lundi ! (11 rue Denis Papin, 35000 Rennes, Tél : 02 99 65 00 74, Fax : 02 99 65 03 74, @ : contact@vivement-lundi.com)

« Je ne veux pas être paysan » est une affirmation sans appel, celle de mes 20 ans. Violence de la négative, colère initiale, début d’un chemin qui m’amène au long du film à interroger mon rapport à mon père paysan. Une reconquête d’amour, de lien filial, d’estime pour ce milieu, ce travail.

Tanguy Le Cras

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C’est un premier film. Au titre évocateur, dans lequel le jeune réalisateur breton interroge le choix de son père, de rester attaché au travail de la ferme, à sa terre. Ce que lui a refusé.

C’est en effet l’histoire d’une jeune homme qui à 17 ans, une fois le bac agricole en poche, décide de changer de voie, de ne pas reprendre l’affaire familiale : « je ne veux pas être paysan, je ne veux pas de leur vie, de leur problème d’argent, de mises aux normes, de leurs difficultés de couple, parce que la ferme est un ogre ».

Il devient régisseur et travaille dans le milieu de la musique en Bretagne. Il semble alors, avoir tout rejeté du métier de son père. Il y a cinq ans, il est chez ses parents, il s’apprête à rentrer chez lui, quand il voit son père traverser la cour de la ferme, à Glomel (22). « Il avait du mal à marcher, il s’aidait d’une canne ». Tangui Le Cras prend la route et pleure. Son père n’avait que 53 ans. Et c’est à partir de l’image de ce père traversant la cour avec difficulté et lenteur, qu’il a voulu raconter. Son film est comme « une reconquête amoureuse », « la reconquête d’un milieu, d’un métier et d’une relation filiale ».

Pendant le tournage, commencé en 2013, il a donc réveillé les souvenirs sans faire dans l’idéalisme, ni dans le misérabilisme. Il a voulu parler à hauteur d’hommes, pas comme un journaliste de manière distanciée, ni comme quelqu’un qui revit son histoire, comme une madeleine de Proust.

« Je trouvais que c’était intéressant que ce soit un « fils de » qui en parle. Quand on parle du milieu agricole, on parle du paysan qui se suicide ou de celui de Trémargat, moi j’avais envie de parler des autres, c’est-à-dire de 95% des paysans. »

Tangui Le Cras s’est rendu compte grâce au film que la vie de son père était un choix d’amour pour son métier et non un choix subi.

Pendant le tournage, ses parents ont dû lâcher prise, sans savoir où leur fils allait. « Ils m’ont fait confiance, ils ont compris que c’était important pour moi ». Et après un premier visionnage, ils ont aimé le travail de leur fils, ils l’ont trouvé juste. Reste qu’ils ont du mal à comprendre, comment leur histoire allait intéresser d’autres personnes.

France 3

Le film dans la base

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