Brutalité des pierres (La) (Brutalität in Stein)

Un film de Alexander Kluge

 1961  Allemagne  Documentaire  12 mn  Noir & Blanc  35 mm, Béta numérique, Dvd  Mode de production : Auto-production  VOSTF (allemand)

 Scénario : Alexander Kluge, Peter Schamoni  Musique : Hans Posegga  Image : Wolf Wirth  Montage : Heidi Genée, Ursel Werthner

Producteurs :
Alexander Kluge (Coordonnées inconnues)
Peter Schamoni (Coordonnées inconnues)
Distributeur institutionnel :
ADAV (41 rue des Envierges, 75020 Paris, Tél : 01 43 49 10 02, Fax : 01 43 49 25 70, @ : contact@adav-assoc.com)
 Éditeur :
Edition Filmmuseum (film & kunst GmbH, Herzog-Wilhelm-Str. 27, 80331 München, ALLEMAGNE, Tél: (+49) (0)89-5161 6600, Fax: (+49) (0) 89-2366 1220, @: info@edition-filmmuseum.com)

En 1961, lors du festival d’Oberhausen, le cinéaste allemand Alexander Kluge jetait un pavé dans la mare d’une Allemagne volontairement amnésique. Il lui suffit d’un film (son premier)  : le court métrage Brutalität in Stein, réalisé avec Peter Schamoni un an auparavant. Kluge s’y attaquait avec rigueur à un sujet frappé de tabou dans la société allemande de l’ère Adenauer (1949-1963)  : son abominable passé national-socialiste. Pour Kluge, l’heure était venue non pas de «  surmonter le passé  », comme le répétait la rhétorique officielle, mais de lui «  faire face  ». Kluge entame ce véritable travail de mémoire en tournant son regard vers le Reichsparteitagsgelände d’Albert Speer  : le gigantesque complexe architectural de Nuremberg qui servit de terrain aux congrès du parti du Reich (et que Leni Riefenstahl sut si habillement sublimer dans Le Triomphe de la volonté). Kluge démontre à quel point la brutalité d’un système politique et de son idéologie se trouve bel et bien inscrite dans la pierre, suggérant ainsi que l’horreur nazie n’appartient pas au passé, mais au présent allemand.

Œuvre incisive et puissante, le film détourne le modèle du Kulturfilm, genre documentaire à la vocation propagandiste qui fleurit pendant le Troisième Reich. Au début de Brutalität in Stein un carton donne le ton  : «  Tous les édifices de l’Histoire, témoignent de l’esprit de l’époque, même s’ils ont perdu leur fonction. Les bâtiments abandonnés du parti national-socialiste sont les témoins de pierre de l’époque qui déboucha sur la pire catastrophe de l’histoire allemande  ».

La caméra de Kluge est l’instrument d’un enquêteur, l’outil de l’archéologue  : ses plans fixes sur les ruines abandonnés du Zeppelinfeld, son travelling sur l’escalier monumental, son recours aux images d’archives, la puissance rythmique de son montage, tous en disent long sur l’obsession de l’ordre, l’horreur concentrationnaire, la barbarie. Faire face au passé signifie désormais faire témoigner les ruines.

(www.espazium.ch/traces/article/la-brutalite-des-pierres-et-le-temoignage-des-ruines)

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