Nature, le nouvel eldorado de la finance

Un film de Sandrine Feydel, Denis Delestrac

 2014  France  Documentaire  88 mn  Couleur  Mode de production : Télévision

 Musique : Stéphane Lopez  Image : Michel Anglade  Montage : Guillaume Quignard

Producteurs :
Arte France (8, rue Marceau, 92785 Issy-les-Moulineaux cedex 9, Tél : 01.44.30.46.00)
Via découvertes (12 rue Chalgrin, 75116 Paris, @ : contact(@)viadecouvertes.fr)
Distributeur :
Java films (38 Quai du Point du Jour, 92100 Boulogne-Billancourt, Tél : 01 74 71 33 13, Fax : 01 46 05 99 23, @ : roch@javafilms.tv)
 Éditeurs :
Arte VOD (ARTE FRANCE - Service commercial VOD, 8, rue Marceau, 92785 Issy-les-Moulineaux cedex 9)
Arte vidéo (ARTE France Développement - Service commercial, 8, rue Marceau, 92785 Issy les Moulineaux cedex 9)

À l’heure où l’on craint le pire pour la biodiversité, ce documentaire foisonnant révèle la financiarisation croissante des ressources naturelles par les banques.

Combien vaut la nature ? Combien peut-elle rapporter ? La course au profit généralisé et le marché global ont largement contribué à la crise écologique actuelle. Pourtant, les mondes de l’économie et de la finance prétendent renverser la tendance et sauver la planète en la protégeant à leur façon, c’est-à-dire avec de l’argent. C’est bien l’émergence d’un nouveau marché, celui de la protection environnementale, que décrypte ce documentaire. Encore embryonnaire il y a quelques années, il est aujourd’hui l’un des plus prometteurs en terme de profit. Son mode de fonctionnement est simple. De plus en plus de sociétés financières ou d’assurances, parfois précédées par les économistes, attribuent un coût à la nature. Combien vaut la forêt d’Amazonie ? Quelles est la valeur marchande du labeur incessant de pollinisation des abeilles ? Jusqu’ici, l’« invisibilité économique » de la nature ne jouait pas en sa faveur : les marchés n’aiment ni l’abondance ni la gratuité. Mais avec la raréfaction des ressources et la disparition programmée de certaines espèces, l’équation a changé. La loi de l’offre et de la demande peut maintenant s’appliquer aux richesses naturelles. Ainsi, des banques et des fonds d’investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d’immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées. Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs. On peut donc acheter des actions « Mouches », « Orangs outans » ou « Saumon ». En investissant dans ces titres, les entreprises polluantes obtiennent des « certificats de bonne conduite » qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes…

Fruit d’un patient et minutieux travail d’investigation, Nature, le nouvel eldorado de la finance met en relief les mécanismes d’un système naissant qui pourrait se révéler une entreprise de tartufferie mondiale. Interrogeant financiers, experts et penseurs, le film confronte les points de vue antagonistes et multiplie les exemples concrets de populations et milieux naturels menacés par ces nouvelles pratiques. L’enquête dresse un vaste panorama des intérêts en jeu et des lobbies en action autour de ce « nouveau » capital naturel, se demandant au final quelles valeurs défendent réellement ceux qui attribuent un coût à la nature. Une nouvelle crise financière pourrait en effet résulter de la spéculation et de l’effondrement de ces nouveaux marchés…

(source : Arte)

Le film dans la base

Chemin d’accès :
Projeté dans le festival :
Sciences en bobines (Toute la France)

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