Voix de garage

Un film de Philippe Guilloux

 2011  France  Documentaire  64 mn  Couleur  Mode de production : Télévision

 Scénario : Philippe Guilloux  Musique : Pat O May  Image : Stéphane Guillard  Son : Frédéric Hamelin  Montage : Philippe Guilloux

Producteurs :
Carrément à l’Ouest (8 ter place du champ de foire, 29270 Carhaix, Tél. : 02 98 93 00 13, Fax : 02.98.93.38.19, @ : prod@carrementalouest.com)
TV Rennes - Rennes cité media (19 rue Quintaine, 35000 Rennes, Tél : 02 99 30 58 58, Fax : 02 99 31 06 50)
Distributeur :
Carrément à l’Ouest (8 ter place du champ de foire, 29270 Carhaix, Tél. : 02 98 93 00 13, Fax : 02.98.93.38.19, @ : prod@carrementalouest.com)

Voix de garage est le récit sensible et polyphonique d’une construction précaire, une tentative fragile de résister à la casse sociale.

Dès les premiers plans, la tonalité est donnée par le témoignage d’une femme qui vient d’amener sa voiture recalée de tous les garages conventionnels, « faire réparer cette épave ? vous n’y pensez pas ! » Pour qui a possédé une vieille guimbarde, une voiture à laquelle on tient pour de multiples raisons, à commencer par le manque d’argent ou le lien affectif, ce film résonne fortement.

Il raconte la vie d’un garage solidaire, les mécaniciens qui y travaillent se réparent en réparant. Ils sont en contrat aidé et à les entendre, au-delà de la rémunération et réinsertion professionnelle, il y a le geste de remettre en état des voitures de gens comme eux, et de remettre en mouvement ces gens. Il y a cette reconnaissance de leur travail et de leur humanité.

Premier long métrage de Philippe Guilloux, Voix de garage existe en deux formats : un 52 minutes pour les télés parce qu’il le dit lui-même : « la télé ça va vite alors il faut accrocher le spectateur très vite » et une version pour un public de cinéma, de festivals qui aura choisi d’être là. Dans la version longue, on sent une attention presque maladroite, presque enfantine et impolie portée aux objets. On nous a tous dit, petits : « ne regarde donc pas comme ça ce monsieur, tu vas le mettre mal à l’aise ». Ici, la caméra s’autorise ce regard et s’attarde sur des vieux boulons de récup, des boîtes d’outils, autant de natures mortes qui nous ramènent à cette société du tout jetable. à commencer par les gens, tout abîmés qu’ils sont par ces règles du jeu de la consommation qui va vite.

Le réalisateur a posé une caméra juste sur ces salariés, sur le fondateur du garage solidaire, sur quelques clients de ce garage singulier et sur une entreprise voisine, une entreprise « normale » qui accueille d’un œil positif la démarche et s’étonne même que Pôle Emploi ne lui ait jamais adressé des salariés aussi consciencieux qu’au garage solidaire. Une caméra juste et juste une caméra : pas de voix off, pas de commentaire, « les gens sont assez intelligents pour comprendre ce qui n’est pas dit » commente Philippe Guilloux. Son film a reçu le prix du jury au festival du film de l’action sociale de Nancy en 2012.

(source : Peuple et culture Corrèze)

Le film dans la base

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