Bonheur (Le)

Un film de Alexandre Medvedkine

 1934  Fiction  65 mn  Noir & Blanc  16 mm  Mode de production : Cinéma  MU

 Distribution : Piotr Zinoviev, Elena Egorova

Distributeur :
Iskra (9 rue Pierre et Marie Curie, 94200 Ivry-sur-Seine, Tél : 01 58 46 12 07, @ : iskra@iskra.fr)
Distributeur institutionnel :
ADAV (41 rue des Envierges, 75020 Paris, Tél : 01 43 49 10 02, Fax : 01 43 49 25 70, @ : contact@adav-assoc.com)
 Éditeur :
Arte vidéo (ARTE France Développement - Service commercial, 8, rue Marceau, 92785 Issy les Moulineaux cedex 9)

Le Bonheur, tourné en 1934 par Alexandre Medvedkine, est un film sur la paysannerie russe et soviétique censé montrer comment le moujik doit se transformer en kolkhozien. Le titre complet du Bonheur se déroule sur pas moins de cinq cartons, à la façon des anciens récits :

Le Bonheur

Conte de Khmyr, traîne-misère et grippe-sous

d’Anna, sa femme-cheval

de Foka le-bien-nourri, son voisin

et aussi du pope, de la nonne et autres épouvantails.

Suit une dédicace cocasse et ambiguë: « au dernier kolkhozien fainéant ». Écran noir, puis nouveau carton: « Qu’est-ce que le bonheur ? ». Le film expose ainsi d’entrée de jeu et par la voie de la narration ses principaux attributs : le genre dont il se revendique (le conte populaire et la fable), le but qu’il se fixe (créer un nouveau type de paysan) et l’interrogation qui le structure: « qu’est-ce que le bonheur ? ». La façon dont Medvedkine tente de répondre à cette dernière question ne peut se résumer à la morale de l’histoire contenue dans un douteux happy end : le bonheur pour le paysan russe réside dans son intégration au grand tout socialiste – ici, le kolkhoze…

Le Bonheur est l’histoire du passage entre l’ancien monde tsariste et le nouveau monde soviétique. Khmyr ne trouvera le bonheur que lorsqu’il aura effectué ce passage. Et donc, même si ce film sort des canons esthétiques du réalisme socialiste, il rentre bien dans la thématique des films des années trente : le thème de la collectivisation fut le plus important des thèmes abordés par le cinéma soviétique dans la mesure où elle est contemporaine de la politique de dékoulakisation qui rencontre une large opposition dans le pays. Elle implique donc de la part du Parti une nécessaire campagne de propagande, moins à l’attention des paysans qui, eux, ne connaîtront que la répression, qu’en direction des villes. Par son côté comique et par la clarté de son message idéologique, Le Bonheur participe pleinement au souhait de Boris Choumiatski, ministre du cinéma dans les années 1930 (exécuté pendant les procès de Moscou), qui voyait dans la comédie le rôle, bien plus essentiel et bien plus important que celui de la dénonciation, de créer un spectacle plein d’enjouement.

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