Histoires de vies brisées : les « double-peine » de Lyon

Un film de Bertrand Tavernier

 2001  France  Documentaire  110 mn  Mode de production : Télévision  VF

 Musique : Louis Sclavis, Zebda  Image : Nils Tavernier, Alain Choquart, Eric Philbert  Son : Nils Tavernier, Alain Choquart, Eric Philbert  Montage : Sophie Brunet, Sophie Mandonnet, Marie Deroudile

Producteur :
Little Bear Productions (7-9 rue Arthur Groussier, 75010 Paris, Tél : 01.42.38.06.55, Fax : 01.42.45.00.33, Mail : littlebear@littlebearproduction.com)
Distributeur :
Little Bear (7/9, rue Arthur Groussier, 75010 Paris, Téléphone : 01.42.38.06.55, Fax : 01.42.45.00.33)

Quel que soit son délit ou son crime, à sa sortie de prison tout détenu a accompli sa peine. Désormais il peut retrouver les siens et réintégrer la société civile. Mais, s’il a le malheur d’être étranger, à sa peine de prison s’ajoutera souvent une seconde peine : l’expulsion.

Même si les autorités françaises s’obstinent à le nier, en parlant de « peine complémentaire » (Interdiction judiciaire du territoire français) ou de « mesure de police » (Arrêté Ministériel d’Expulsion), il s’agit bien là d’une « double peine »  : prison + expulsion. Cette pratique est donc en totale contradiction avec la Convention européenne des droits de l’homme selon laquelle « Nul ne peut être puni deux fois pour le même délit ». L’intolérable de la « double peine » , c’est le « bannissement ».

Comment appeler autrement cette machine à expulser des gens ayant souvent toute leur vie en France quand ils n’y sont pas nés.

L’intolérable, c’est toute cette rhétorique administrative qui transforme un vol de scooter, une toxicomanie ou un trafic de haschich (délits des personnages du film) en « menace grave pour la sûreté de l’État »  ! L’intolérable, c’est qu’on expulse des Français de fait ! Peut-on considérer en effet une personne comme étrangère lorsqu’elle a été socialisée en France et que ses frères et sœurs, son conjoint ou ses enfants sont français ? ! Chacune de ses rencontres avec les onze grévistes de la faim de Lyon, les personnages principaux du film, a été l’occasion pour Bertrand Tavernier de capter des bris de vies, des fragments de souffrance oubliés.

En décembre 1997, le cinéaste apporte son soutien à un groupe de Lyonnais en voie d’expulsion qui entament une grève de la faim pour protester contre la double peine. Un accord est trouvé, mais la grève reprend quelques mois plus tard, faute de solution réelle. Bertrand Tavernier décide alors de prendre sa caméra et de donner longuement la parole à ces hommes et ces femmes que personne ne veut écouter; ces hommes et ces femmes qui se battent pourtant pour l’un des principes fondateurs de notre droit : nul ne peut être puni deux fois pour la même faute.

Histoires de vies brisées  est une approche individuelle du bannissement. À travers les divers témoignages, Bertrand Tavernier montre que la loi n’est pas la même pour tous et que la double peine prive injustement les individus de toutes possibilités de bénéficier d’une seconde chance, de se réinsérer dans la vie sociale, familiale, affective, bref de se reconstruire un avenir.

Loin des discours solennels, le réalisateur interroge ces hommes et ces femmes voués à la clandestinité et qui, par leurs paroles, rendent compte d’une réalité accablante, injuste, intolérable.

Une œuvre militante, d’une force incroyable et dont l’objectif est de donner le « temps » aux différents témoins de se faire entendre, de se taire, d’interpeller, de se dévoiler.

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