Greniers de l’argent (Les)

Un film de Jean-Michel Rodrigo, Marina Paugam

 2001  France  Documentaire  52 mn  Couleur  Mode de production : Télévision  VF

Producteur :
Mecanos productions (52 avenue Pierre Sémard, 94200 Ivry sur Seine, Tél. : 01 41 65 32 03, Mail : mecanos.productions@mecanos.fr)
Distributeur :
Mecanos productions (52 avenue Pierre Sémard, 94200 Ivry sur Seine, Tél. : 01 41 65 32 03, Mail : mecanos.productions@mecanos.fr)

En Afrique, le grenier, c’est le garde-manger de la famille. Cette case modèle réduit, indépendante de la maison et construite dans la cour, sert à stocker les provisions de grains. Au sud du Mali - l’un des pays les plus pauvres de la planète -, du côté de Koutiala, grenier à grains se dit Jiginew (djiguiné).

C’est le mot que les paysans de cette région cotonnière ont choisi pour nommer la banque qu’ils ont créée en 1987. Exclus du système bancaire existant fondé sur le modèle européen – entre autres parce qu’ils n’ont pas suffisamment de garanties pour obtenir des prêts -, ils ont mis sur pied un modèle coopératif qui depuis, a essaimé dans le pays et s’est transformé en réseau. Kafo Jiginew (littéralement : union des greniers) est devenu un modèle largement partagé. Les artisans, les commerçants, mais aussi les femmes, y ont adhéré. Le pari de départ – possibilité d’emprunter sans avoir épargné - a été tenu et les intérêts dégagés par le placement de l’argent servent à la construction d’écoles ou de maternités. Reste à savoir cependant comment Kafo Jiginew a traversé la chute du prix du coton, principale source de revenus des paysans sociétaires.

Ce documentaire cherche en permanence à expliquer simplement schémas et fonctionnements économiques, et démontre que des régimes bancaires autres que le modèle dominant peuvent exister. Mais à trop vouloir employer un niveau de langage censé ne pas effrayer le téléspectateur, le commentaire manque parfois de précision et néglige la logique des mécanismes. D’où le risque de plonger celui ou celle qui regarde dans une certaine perplexité, soit l’inverse de l’effet souhaité. En revanche, la progression chronologique du récit est maîtrisée. Les images, elles, se gardent de tomber dans un exotisme facile et forment une ligne visuelle cohérente, contrairement à la ligne sonore «victime» d’un choix de musiques bien trop hétérogène.

Le film dans la base

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