Indigènes

Un film de Rachid Bouchareb

 2006  France, Algérie, Maroc, Belgique  Fiction  Couleur  35 mm  Mode de production : Cinéma  VF

 Scénario : Olivier Lorelle  Musique : Khaled, Armand Amar  Image : Patrick Blossier  Son : Olivier Hespel, Olivier Walczak, Franck Rubio, Thomas Gauder  Montage : Yannick Kergoat

 Distribution : Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Bernard Blancan, Mathieu Simonet, Mélanie Laurent, Antoine Chappey, Benoît Giros

Distributeur :
Studio Canal (STUDIOCANAL, 1, Place du spectacle, 92130 Issy-les Moulineaux, Tél : 01 71 35 35 35)
Distributeur institutionnel :
ADAV (41 rue des Envierges, 75020 Paris, Tél : 01 43 49 10 02, Fax : 01 43 49 25 70, @ : contact@adav-assoc.com)

1943. Ils n’avaient encore jamais foulé le sol français, mais parce que c’est la guerre, Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir vont s’engager comme 130 000 autres « Indigènes » dans l’armée française pour libérer « la mère patrie » de l’ennemi nazi. Ces héros que l’histoire a oubliés vaincront en Italie, en Provence, et dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand.

 

LA «CRISTALLISATION» DES PENSIONS DES ANCIENS COMBATTANTS INDIGÈNES DE LA 2EME GUERRE MONDIALE

Début des années 60. La décolonisation de l’Afrique s’achève. La France décide alors - conformément à l’article 71 de la Loi de finances du 26 décembre 1959 - de geler à leur niveau de 1959 les retraites et pensions d’invalidité versées aux anciens combattants de son ex-Empire colonial.

Il en résulte une situation très inégalitaire vécue avec amertume par les anciens combattants du Maghreb et d’Afrique noire, dont les pensions peuvent être jusqu’à dix fois moins élevées que celles des anciens combattants français.

En 1996, un ancien sergent-chef sénégalais, Amadou DIOP, engagé dans l’armée française de 1937 à 1959 puis radié lors de l’accession à l’indépendance du Sénégal, porte plainte contre l’État français. Il n’a touché qu’un tiers de la retraite qu’il aurait pu percevoir s’il avait été Français et réclame réparation.

En 2001, un arrêt du Conseil d’État lui donne raison à titre posthume, jugeant que cette distinction de traitement contrevenait à l’article 14 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Cet arrêt oblige donc le gouvernement français à réviser la loi de cristallisation de 1959, qui concerne environ 80 000 anciens combattants de l’ex-Empire colonial français. Ceux ci peuvent désormais prétendre à une revalorisation de leurs pensions avec rattrapage des arriérés. Le montant total est évalué à environ 1,85 milliard d’euros.

En 2003, le gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN s’engage sur la voie d’une «décristallisation» partielle des pensions qui devraient désormais être indexées non pas sur celles des Français, mais sur le coût de la vie dans les différents pays où résident les anciens combattants.

Le 13 août 2004, à la veille de la commémoration du débarquement de Provence, un communiqué du ministère français délégué aux anciens combattants annonce qu’une somme de 120 millions d’euros est inscrite au budget 2004 pour revaloriser de 20 à 100 %, les pensions des anciens combattants originaires d’anciennes colonies françaises, ce qui constituerait la première revalorisation depuis la loi de «cristallisation» de 1959.

Le 15 août 2004, Jacques Chirac rend hommage aux troupes coloniales en invitant plusieurs chefs d’état africains à la Commémoration du 60ème anniversaire des débarquements alliés en Provence. Une vingtaine de vétérans africains sont faits chevaliers de la Légion d’honneur. Malgré cet hommage, la question de la «cristallisation» des pensions n’est toujours pas réglée.

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