L’Industrie pharmaceutique : tous (médica)menteurs ?

L’industrie pharmaceutique est-elle aujourd’hui garante de notre santé, ou bien de ses profits  ? Comment expliquer qu’un scandale comme celui du Mediator ait pu avoir lieu  ? Comment se fait-il, alors que l’on en connaît les risques médicaux, que l’on injecte encore aux enfants des vaccins qui contiennent de l’aluminium  ? Pourquoi le traitement contre l’hépatite C coûte-t-il si cher  ? Sommes-nous des patients ou uniquement des consommateurs de médicaments  ? Les Français, en 2013, ont acheté en moyenne 48 boîtes de médicaments par personne… Dans ces proportions affolantes, il est légitime de se poser des questions…

Toutes ces questions, et les réponses qui sont apportées dans les films sélectionnés dans cette liste, nous conduisent à interroger les pratiques actuelles de l’industrie pharmaceutique, dont les lobbies mettent en danger notre santé. Par exemple, puisque le nombre de molécules qui constituent les médicaments n’est pas infini, et que le marché risquerait donc de stagner, on invente de nouvelles pathologies pour continuer à étendre le marché des médicaments, avec la complicité plus ou moins évidente de différents «  experts  » médicaux… Un moyen de nous rendre «  malade  », également, est de baisser les seuils de prescriptions : du jour au lendemain on se retrouve à devoir prendre des médicaments contre une pathologie, parce que nous avons un taux de telle ou telle molécule qui devient du jour au lendemain anormal. Pourtant notre taux n’a pas augmenté : c’est le seuil de la normalité qui a baissé…

Dans le même temps, faute de moyens financiers, des pays du Sud sont décimés par des maladies qui se soignent au Nord, faute de pouvoir acheter les médicaments ou faute d’accès aux médicaments génériques, ce qui nous renvoie à la problématique complexe des brevets… qui commence également à toucher les pays «  riches  », on pense notamment au scandale du prix du traitement de l’hépatite C… Ce sont alors des organisations non gouvernementales, à l’image du DNDi (Initiative Médicaments contre les Maladies Négligées), qui doivent prendre le relais pour développer des médicaments contre des maladies qui touchent des populations non solvables, qui ne représentent donc pas de marché pour l’industrie pharmaceutique…

Le monde marche sur la tête.

Cette filmographie est réalisée en lien avec le Festival Sciences en bobines, qui traite des controverses sciences-société, et qui chaque année propose dans sa programmation des films autour du thème de l’industrie pharmaceutique.

Fille de Brest (La)

Emmanuelle Bercot, 2016

Dans son CHU de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d’un médicament autorisé sur le marché. Elle va se battre pour faire triompher la vérité. L’histoire d’Irène Frachon, à l’origine de la découverte du scandale du Médiator.

Aluminium, les vaccins et les deux lapins (L’)

Marie-Ange Poyet, 2016

En France, un millier de personnes souffrent de myofasciite à macrophages, une atteinte neuro-musculaire invalidante et très douloureuse provoquée par les sels d’aluminium utilisés comme adjuvants dans les vaccins. Aussi, puisque les pouvoirs publics refusent obstinément de reconnaître cette maladie, le film donne la parole aux malades, aux chercheurs, aux médecins, aux historiens, journalistes, aux femmes et hommes politiques qui, en France et à l’étranger, se battent pour la reconnaissance de cette maladie.

Maladies à vendre (Série #DATAGUEULE)

Julien Goetz, Henri Poulain, 2014

Depuis plus d’un siècle, les médicaments permettent de combattre bon nombre de maladies. Ces dernières décennies, l’industrie pharmaceutique s’est aussi inspirée des nouvelles méthodes de publicité et de marketing, pour étendre un marché et accroître les profits.

Fire in the blood

Dylan Mohan Gray, 2012

A partir de 1996, les pays riches de l’Ouest, à travers le gouvernement et les entreprises pharmaceutiques, ont bloqué l’accès aux médicaments pour les populations souffrant du Sida dans les pays en voie de développement. Ce documentaire donne la parole à ceux qui ont vécu cette situation, hommes politiques ou simples citoyens.

Maladies à vendre

Anne Georget, 2011

Ce documentaire démonte les stratégies mises en œuvre par l’industrie pharmaceutique, avec la complicité plus ou moins passive des experts médicaux et des autorités de santé, pour tous nous transformer en malades, c’est-à-dire en consommateurs de médicaments.

1 $ pour 1 vie

Frédéric Laffont, 2008

1 $ pour 1 vie retrace l’histoire d’un combat contemporain qui se déroule de Genève, à Seattle et New York, en passant par l’Afrique : sauver les millions de vies de ceux qui meurent de maladies jusqu’alors négligées par la recherche et l’industrie pharmaceutique.

Médicamenteurs (Les)

Annick Redolfi, Stéphane Horel, Brigitte Rossigneux, 2008

Le médicament : enfin un domaine où personne ne détrônera la France. Les Français sont-ils vraiment plus malades que le reste de l’humanité  ? Ou bien y a-t-il d’autres explications à cette boulimie  ?

DNDi

DNDi (Médecins sans frontières), 2003

Seuls 1% des médicaments développés sont destinés à lutter contre les maladies endémiques qui touchent les malades des pays en voie de développement. Face à ce constat, le DNDi, une association à but non lucratif, tente d’apporter une solution afin de s’assurer que les nouvelles techniques médicales servent également aux maladies négligées, comme la maladie du sommeil ou la Leishmaniose, en contribuant à transformer la recherche en traitement, pour les malades aient d’autres choix que de mourir de la maladie ou de la toxicité des médicaments.

Du côté des festivals

Pour aller plus loin

  • Site de la Fondation Sciences citoyennes

  • Blog Pharmacritique par Elena Pasca : Expression libre sur la santé et tous les lobbies et conflits d’intérêts qui la mettent en danger.

  • Site du DNDi, Initiative Médicaments contre les Maladies Négligées, créée en 2003 par l’Institut Pasteur et Médecins Sans Frontières avec la collaboration de quatre instituts de recherche dans des pays endémiques.