An 01 (L’)

Un film de Jacques Doillon

 1972  France  Fiction  84 mn  Noir & Blanc  Mode de production : Cinéma  VF

 Adapté de : La bande dessinée L’an 01 de Gébé  Scénario : Gébé  Musique : Béranger François, Desuzeau Jean-Marie  Image : Polles Renan  Son : Jacquinot Georges, Charrière Jean  Montage : Boisson Noëlle

 Distribution : François Béranger, Romain Bouteille, Cabu, François Cavanna, Professeur Choron, Coluche, Gérard Depardieu, Gébé, Marcel Gotlib, Henri Guybet, Jacques Higelin, Gérard Jugnot, Miou-Miou, Patrice Minet, Georges Wolinski

Producteur :
Distributeur :
Tamasa Distribution (5 rue de Charonne, 75011 Paris, Tél : 01 43 59 01 01, Fax : 01 43 59 64 41)
Distributeur institutionnel :
ADAV (41 rue des Envierges, 75020 Paris, Tél : 01 43 49 10 02, Fax : 01 43 49 25 70, @ : contact@adav-assoc.com)
 Éditeur :
MK2 (55 rue Traversière, 75012 PARIS FRANCE, Tél : 01 44 67 30 00, Mail : boutique@mk2.com)

« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste… ». L’An 01 narre un abandon utopique, consensuel et festif de l’économie de marché et du productivisme. Financé grâce à la bonne volonté des lecteurs de Charlie-Hebdo, ce film reste emblématique de la contestation des années 1970.

« L’An 01 est un film d’auteur, mais c’est aussi un film « de Gébé » affirme sans ambages le cinéaste qui a conçu et réalisé le film sous le signe du spontanéisme puisque ceux qui, dans l’entourage de Gébé et de Doillon, ont eu envie de collaborer, ont pu donner leurs idées et les jouer. Ces trouvailles enfilées volontairement de façon fantaisiste composent ainsi une accumulation de saynètes de théâtre de rue conservées sous forme d’ébauches inachevées. Bien ancrée dans la mouvance de l’idéologie post-soixante-huitarde, L’An 01 est une parabole de Gébé traitée avec la désinvolture propre à lui conserver son aspect attrayant, sorte d’antidote du Tout va bien de Godard réalisé la même année, et faisant la nique à l’ennui pontifiant de l’essentiel du cinéma des collectifs militants (…) Fable « d’inspiration anarchisante, mettant l’accent sur un ras le bol » aux antipodes du « réalisme critique » à l’œuvre dans les diverses formes du cinéma engagé, L’An 01 tente de promouvoir de nouvelles valeur telles que le bonheur, le plaisir, la fête, le dialogue, les rapports humains, cette aspiration à changer la vie n’étant pas sans intérêt car assez neuve dans le cinéma. Si l’appel à l’imagination au pouvoir incitant à tout réinventer manque un peu d’enthousiasme de la part de ces gauchistes « sympa » entravés par un instinct grégaire style « tribu », le vaste chantier de cette table rase ne manque pas néanmoins d’apparaître assez vertigineux. L’état des lieux « zéro » induit en effet implicitement un gigantesque programme potentiel en balayant radicalement toute notion d’héritage. Il n’y a rien à garder, tout est à jeter et si l’on transpose le constat social et politique sur le plan du cinéma, cela voudrait dire « foin de Nouvelle Vague, de jeune cinéma ou de cinéma moderne, tout est à recommencer ! ». »

René Prédal, Jacques Doillon, trafic et topologie des sentiments, Paris/Condé-sur-Noireau, Cerf/Corlet, « 7 e Art », 2003, p. 36 et 38

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