1919-1920, Après la guerre, l’impossible oubli

Un film de Gabriel le Bomin

 2019  France  Documentaire  90 min  Couleur  Mode de production : Télévision

 Scénario : Gabriel Le Bomin - Conseiller historique : Bruno Cabanes  Musique : Charlie Nguyen Kim  Montage : Barthélémy Vieillot

 Distribution : Raconté par Elsa Lepoivre de la Comédie-Française

Producteurs :
Roche productions (22 rue Chauchat, Paris, Tél : 01 78 09 39 39, Mail : roche@rocheproductions.com)
Distributeur :
Roche productions (22 rue Chauchat, Paris, Tél : 01 78 09 39 39, @ : roche@rocheproductions.com)

11 novembre 1918. Après quatre années d’un conflit destructeur, la Première Guerre mondiale s’achève. Comment les Français vont-ils affronter cette délicate sortie de guerre et tenter de gagner la paix ? Comment la société de l’arrière va-t-elle réintégrer les soldats abîmés par les tranchées ? Comment l’Etat va-t-il donner un sens au sacrifice du million et demi d’hommes morts au combat ? De l’armistice au premier hommage au soldat inconnu, le 11 novembre 1920, ce film tout en archives colorisées raconte la reconstruction d’un pays après le traumatisme de 1914-1918.

Note d’intention – Gabriel Le Bomin

Pour ne pas se perdre dans un film d’histoire, il faut assez rapidement trouver les bornes narratives du film, au-delà même de son sujet. Pour ce film, il m’est apparu immédiatement qu’un récit débutant le 11 novembre 1918, jour de l’armistice et s’achevant le 11 novembre 1920, jour de la mise au tombeau du soldat inconnu, serait le bon cadre chronologique.

Deux années à peine pour raconter le retour des soldats et la mutation d’une société du temps de guerre vers le temps de paix. Une résilience collective s’achevant par un rituel symbolique : la désignation d’un soldat inconnu.

Dans mon premier long-métrage de fiction, Les Fragments d’Antonin, j’avais abordé frontalement la question des blessés psychiques de guerre à l’issue du conflit. Avec ce documentaire j’ai eu le sentiment non seulement d’élargir le sujet, d’approfondir cette période, d’en approcher la complexité et finalement de prolonger par le documentaire un récit débuté dans la fiction.

Et puis il y a le travail sur la forme. Travailler sur un film d’archives est un exercice de style passionnant. Il faut à partir d’éléments disparates construire une continuité filmique homogène. Plonger dans une recherche d’archives est toujours une aventure riche de découvertes. Il y a les archives qui vont servir à structurer le récit, les moments incontournables de l’Histoire et puis celles, plus anecdotiques mais qui, par leur force, leur originalité, s’imposent comme des séquences qui doivent trouver leur place dans le film. C’est pour cela que je regarde toujours toutes les archives que les documentalistes mettent à ma disposition et que je pousse la recherche au-delà de ce que le texte initial suggère.

Un exemple très simple : nous avons trouvé un peu par hasard (le hasard est le bon ami du réalisateur) des images montrant de jeunes Alsaciens se baignant joyeusement et en toute insouciance dans le Rhin, au pied du pont de Kehl, qui relie l’Alsace à l’Allemagne. La date de tournage de ces images est incroyable : nous sommes l’après-midi du 14 juillet 1919. Avec ces images, on peut dire avec beaucoup de force et de sensibilité énormément de choses sur le retour de l’Alsace à la France. Sur le destin de ces hommes qui changent de nationalité, sur la paix retrouvée, sur le Rhin, cette frontière qui redevient naturelle…

Autre exemple trouvé au NARA (National Archives and Records Administration, les archives américaines) : on y voit le président américain Wilson s’embarquant pour rejoindre la France à l’occasion de sa venue pour le traité de Versailles. L’opérateur s’embarque avec le président et va passer les 11 jours de la traversée l’Atlantique à tourner des images à bord. On voit de longs plans du président et de son équipe dans toutes sortes d’activités y compris un exercice d’évacuation du bateau… C’est formidable et cela donne un angle inattendu pour évoquer la personnalité originale du président Wilson…

Tout cela pour dire qu’une archive, au-delà de son principe, la fixation d’un monde disparu, est loin d’être une matière morte. Bien au contraire. Elle s’insère dans un processus vivant, presque organique, celui de la fabrication d’un film.

Le film dans la base

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Période :
Projeté dans le festival :