Genet parle d’Angela Davis

Un film de Carole Roussopoulos

 1970  France  Documentaire  7 MN  Noir & Blanc  Dvd

Producteur :
Vidéo out (a cessé son activité)
Distributeur :
Centre audiovisuel Simone de Beauvoir (28 place Saint-Georges, 75009 Paris, téléphone : 01 53 32 75 08, mail : distribution@centre-simone-de-beauvoir.com)
 Éditeur :
Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir (28, place Saint-Georges, 75009 Paris, Tél. : 01 53 32 75 08, distribution@centre-simone-de-beauvoir.com)

Le 16 octobre 1970, au Hôtel Cecil à Paris, le groupe Video Out (Carole et Paul Roussopoulos) filme la déclaration de Jean Genet enregistrée après l’annonce de l’arrestation d’Angela Davis, militante du Black Panther Party et enseignante de philosophie aux États-Unis.

Dans le cadre de l’émission française de télévision « L’invité du dimanche » devant être diffusée le 8 novembre 1970, l’écrivain Rezvani a invité des intellectuels, dont Jean Genet.

La réalisatrice assiste à l’enregistrement effectué par l’équipe de l’ORTF dont le réalisateur est Jean Daniel Pollet.

Lors de la première prise, Jean Genet lit avec virulence le texte suivant (extraits) : « Angela Davis est dans vos pattes. Tout est en place. Vos flics - qui ont déjà tiré sur un juge de façon à mieux tuer trois Noirs -, vos flics, votre administration, vos magistrats s’entraînent tous les jours et vos savants aussi, pour massacrer les Noirs. D’abord les Noirs. Tous. Ensuite, les Indiens qui ont survécu. Ensuite, les Chicanos. Ensuite, les radicaux blancs. Ensuite, je l’espère, les libéraux blancs. Ensuite, les Blancs. Ensuite, l’administration blanche. Ensuite, vous-mêmes. Alors le monde sera délivré. Il y restera après votre passage, le souvenir, la pensée et les idées d’Angela Davis et du Black Panther. »

Jean Genet dénonce violemment la politique raciste des États-Unis et manifeste son soutien à Angela Davis et aux Black Panthers. À la demande du réalisateur de l’O.R.T.F, il reprendra deux fois la lecture de son texte s’attachant à faire passer à l’écran son texte politique plutôt que sa personne. L’émission sera finalement censurée.

La réalisatrice embrasse la scène d’un regard ironique. Elle pointe la différence d’attitude entre un Jean Genet conscient de son engagement et le comportement de l’équipe télévisuelle pressée de finir l’enregistrement. La cadence et le morcellement des prises télés s’opposent à la fluidité du regard de Carole Roussopoulos et à la proximité qu’elle a avec son personnage.

D’un côté une caméra-télé cherchant à donner une vision « objective », de l’autre une caméra à l’épaule en empathie avec son personnage et son propos politique.

Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

Pour découvrir ce film

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Pour aller plus loin

Jean Genet et les Black Panthers, article sur le site La Règle du jeu.