Après le silence. Ce qui n’est pas dit n’existe pas ?

Un film de Vanina Vignal

 2012  France, Roumanie  Documentaire  95 mn  N&B et Couleur  Béta numérique, DCP  Mode de production : Cinéma  VOSTF, VOSTA (français, roumain)

 Scénario : Vanina Vignal  Son : Dana Bunescu  Montage : Mélanie Braux

 Participants : Ioana Abur, Rodica Abur, Teona Galgoţiu, Vanina Vignal, Ștefan Manea, Valeria Manea, Elena Sighişoreanu

Producteurs :
NOVEMBREproductions (Vanina Vignal, 6 bvd Henri IV, 75004 Paris, novembreproductions(@)live.fr, vvignal(@)free.fr, 01 40 05 94 68, 06 60 52 03 82)
Les Fées Productions (Lucie Portehaut et Sandrine Pillon, 9/11 rue Benoit Malon, 92156 Suresnes, lesfeesproductions(@)gmail.com, 06 12 56 73 99)
Mobra Films (Contact - Cristiana Mitea, 5 intrarea Serdarului, 011377 Bucarest, Roumanie, cristiana(@)mobrafilms.ro, tel + 40 21 666 48 27)
Distributeur :
NOVEMBREproductions (Vanina Vignal, 6 bvd Henri IV, 75004 Paris, novembreproductions(@)live.fr, vvignal(@)free.fr)

Comment vivre libre, après. Il ne suffit pas de tuer le dictateur pour tuer la dictature.

J’ai fait la connaissance de Ioana en 1991, à Bucarest, un an après le coup d’état que les médias ont appellé « Révolution ». Lorsque nous nous sommes rencontrées, nous parlions de tout sauf de la dictature dont son pays sortait à peine, comme si le silence pouvait effacer ce qui était encore trop à vif.

Après mes années d’études à Bucarest, je suis retournée régulièrement voir Ioana et sa famille avec qui j’avais tissé des liens familiaux. Je comprends « de l’intérieur » les problématiques de son pays. Désormais, je les ressens.

Cela m’a permis de travailler autour de l’abus, du silence et de la peur, autour de la bulle que Ioana s’est construite, cette bulle illusoire qui la préserverait de la réalité environnante et qui l’aurait protégée de l’abus étatique communiste. Aujourd’hui encore, car les anciens réflexes intrusifs perdurent en Roumanie, et Ioana, impuissante, déprimée, s’est repliée sur sa cellule familiale. Elle refuse la réalité dans laquelle elle vit - bien malgré elle, elle entretient le lien avec l’injustice historique - sa bulle protectrice est devenue une prison.

Ioana n’a jamais pris le temps d’analyser ce qui la tourmente. Cette parole n’émerge aujourd’hui que parce qu’elle s’inscrit dans un geste cinématographique qui la porte, et la transcende.

Le montage accompagne cette dynamique, et fait en sorte que des personnes qui n’ont jamais parlé entre elles de leurs traumatismes, se « répondent » - enfin. Ce faisant, il met en exergue ce silence et ce non-dit qui les séparent encore, et qui ont été transmis, génération après génération. Ils enveloppent déjà sa fille Téona. Elle a compris sans qu’on ne le lui explique qu’il ne fallait pas poser certaines questions à ses ainées, de la même manière que sa mère l’a, un jour, intégré.

Mon film raconte, à travers l’histoire de Ioana, une femme en l’occurence roumaine, comment la dictature devient un système de vie. Et cela, ce n’est pas l’apanage des pays ex-communistes.

Vanina Vignal, mars 2012

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