Roi sans divertissement (Un) - De l’écrit à l’écran

Un film de Jacques Mény

 2004  France  Documentaire  53 mn  Couleur  Mode de production : Télévision  VF

 Adapté de : Un roi sans divertissement de Jean Giono  Scénario : Jean Giono

 Distribution : Charles Vanel, Claude Giraud, Colette Renard, Albert Remy, Pierre Repp, René Blancard

Distributeur :
Images de la culture (CNC) (291 boulevard Raspail, 75014 Paris, Tél : 01 44 34 34 40, Fax : 01 44 34 37 25, @ : idc@cnc.fr)

Lorsqu’il décide d’adapter son roman, Jean Giono entend bien rester maître de son œuvre. Il impose à François Leterrier son scénario, ses lieux de tournage et ses directives de mise en scène. S’il retrace l’histoire des deux naissances de cette œuvre – le roman (1947) et le film (1963) – Jacques Mény s’intéresse surtout à son côté sombre, alternant interviews et vues sur les paysages désolés de l’Aubrac.

Autant l’écriture d’« Un Roi sans divertissement » fut aisée, autant sa scénarisation fut difficile. Les manuscrits, montrés ici à plusieurs reprises, en sont la preuve autographe. C’est la découverte de l’Aubrac, ses paysages d’hiver, noirs et blancs, qui libèrent Giono. À ce propos, si Jacques Mény revient souvent sur les premières images du film, c’est qu’elles en constituent, à l’échelle d’un plan, le programme esthétique et métaphysique. Sur un fond d’une blancheur aussi granuleuse qu’un écran de cinéma, apparaît un point qui deviendra bientôt un homme vêtu de noir. Programme esthétique puisque le film vise la bichromie du noir et blanc ; programme métaphysique puisque le film montre l’homme face à sa solitude.

Face à l’ennui, il n’y a que le meurtre ou la création, il n’y a que le rouge du sang sur la neige. « Un Roi sans divertissement » s’impose donc comme une fable cruelle. On se rappellera précisément que « cruor », en latin, signifie le « sang versé ».

Teddy Lussi, Images de la culture

Le film dans la base

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