Trump et le coup d’Etat des multinationales (The Corporate coup d’Etat)

Un film de Fred Peabody

 2018  États-Unis, Canada  Documentaire  90 et 60 mn  Couleur  Mode de production : Télévision  VOSTF (anglais)

Producteurs :
White pine pictures (822 Richmond Street West, Suite 301, Toronto, Ontario, Canada, M6J 1C9, CANADA, @ : info@whitepinepictures.com)
Distributeur :
Films Transit International Inc (21 Place Epernay, Lorraine, Québec,, J6Z 4K9, CANADA, info@filmstransit.com)

Et si le 45e président des États-Unis n’était pas le symbole d’une ère nouvelle, mais au contraire l’aboutissement d’un processus entamé depuis de longues années ? Alors que la journaliste canadienne Naomi Klein a comparé l’administration Trump à un “coup d’État des grandes entreprises”, son compatriote philosophe John Saul (Mort de la globalisation, éd. Payot) estime, lui, que la confiscation de la démocratie et des biens publics par les intérêts privés a débuté dès la fin des années 1970, la première élection de Ronald Reagan en 1981 la rendant effective. Sa théorie du “coup d’État au ralenti” a notamment inspiré le journaliste Chris Hedges dans son analyse de l’état de l’Amérique. Pour lui, et certains de ses pairs, également interviewés ici, l’élection de Donald Trump ne constitue que le dernier rebondissement, le plus visible sans doute, d’une dérive à laquelle ses prédécesseurs démocrates, Bill Clinton et Barack Obama, ont activement prêté la main.

Des pans entiers de la population américaine, notamment dans les anciennes régions ouvrières, ont ainsi été délibérément sacrifiés par les élites au nom de la libéralisation du marché, et la crise de 2008 a contribué à accélérer cet abandon.

En écho à ces réquisitoires très argumentés, le réalisateur Fred Peabody explore ainsi les villes dévastées de Camden (New Jersey) et de Youngstown (Ohio), anciens bastions industriels livrés au chômage et à la misère, où des sans-abri, citoyens jadis prospères, campent à deux pas de rangées de maisons murées. Et c’est l’aspect le plus passionnant, et le plus novateur, de son film, que de donner la parole à des électeurs de Trump qui, ni haineux, ni racistes, ni religieux fanatiques, expliquent pourquoi ils n’ont pu se résoudre, une fois de plus, à voter pour un parti qui les a rayés de la carte sans sourciller. Sans illusion sur Trump, ils lui reconnaissent une seule vertu : celle de l’outsider, méprisé comme eux par les politiciens professionnels et les médias. De Washington à la Rust Belt, la “ceinture de rouille”, cette balade dans une Amérique oubliée fait puissamment écho à l’actualité française.

Arte

Le film dans la base

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