Nouvelle Babylone (La)

Un film de Grigori Kozintsev, Leonid Trauberg

 1929  Russie  Fiction  93 mn  Noir & Blanc  Mode de production : Cinéma  MU

 Musique : Dmitri Chostakovitch

 Distribution : Elena Kuzmina : Louise Poirier, Piotr Sobolevskij : Jean, David Gutman : le patron, Sofia Magarill : une actrice

Distributeur :
Arkéion Films (12, rue de Chartres, 92 200 Neuilly sur seine, Tél : 01 46 43 23 59, Fax : 01 46 43 23 50, Mail : arkeion.films@wanadoo.fr)

En 1870, la bourgeoisie de Paris applaudit les soldats aux cris d’«A Berlin !». Quelques mois plus tard, cette population de jouisseurs les voit revenir, poussés par les sabres prussiens victorieux. Alors que les nantis sont prêts à capituler devant l’ennemi, le petit peuple des travailleurs décide de prendre son destin en main. Parmi eux, Louise Poirier, une petite vendeuse du grand magasin «La Nouvelle Babylone», réclame elle aussi la Commune. Louise se lie bientôt d’amitié avec Jean, un soldat plutôt ignorant, mais très à son goût…

« Dans notre adolescence, à l’apogée de cette exaltation qu’avait provoquée l’apparition de l’art cinématographique, certaines images de films que nous ne pouvions voir nous hantaient. Ainsi celles de La Nouvelle Babylone. Elles étaient si insolites qu’elles étaient, avec les photographies du Chien andalou, les seules à paraître au diapason de notre exaltation. Depuis, nous avons vu La Nouvelle Babylone. L’œuvre défie toute classification. Elle surgit en 1929, dix ans après Caligari, bien après la fondation de la FEKS, après le moment où le cinéma soviétique avait dégagé sa voie.

Il ne peut être question dans ce film, qui évoque pourtant sans cesse Daumier, de parler de réalisme. Il ne peut être question non plus, bien qu’aucun film soviétique n’ait jamais connu une telle déformation des lignes, une telle simplification des traits, de parler à son propos de formalisme. S’il est exact, comme l’a dit Hugo, que l’œuvre épique est de l’histoire écoutée aux portes de la légende, La Nouvelle Babylone est le seul film épique authentique du cinéma. Par ailleurs, ce film au rythme inouï, est le seul qui soit une transcription cinématographique de la chorégraphie, un extrait des Deux Orphelines de Griffith mis à part. Il est construit comme un véritable ballet, il évoque sans cesse les tableaux colorés, les plus expressifs, les plus passionnés, les plus chargés de rythme des grands ballets qui marquèrent les premières saisons, entre 1909 et 1913, du ballet russe. C’est la danse macabre du Second Empire et de la Commune de Paris. » Henri Langlois.

Le film dans la base

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