Business des fleurs (Le)

Un film de Jean-Michel Rodrigo

 2003  France  Documentaire  52 mn  Couleur  Béta numérique  Mode de production : Cinéma  VF

 Scénario : Jean Michel Rodrigo  Image : Marina Paugam  Son : Maurice Roubas, Jean Michel Papazian  Montage : Alain Robiche

Producteur :
Mecanos productions (53 rue Notre-Dame de Nazareth, 75003 Paris, @ : infos@mecanos.tv)
Distributeur :
Mecanos productions (52 avenue Pierre Sémard, 94200 Ivry sur Seine, Tél. : 01 41 65 32 03, Mail : mecanos.productions@mecanos.fr)

Le Var cultive à grande échelle l’Alstroméria, plus connue sous le nom de Lys de l’Inca, alors que l’Equateur inonde la planète de ses roses. La mondialisation bat son plein et la filière évolue au rythme d’une concurrence qui se joue plus dans la rapidité des échanges que dans la qualité des produits. Une rose coupée dans les Andes arrive à Rungis avec juste quelques heures de retard sur ses consoeurs françaises. Avion contre camion… Ce qui fait la différence, c’est la congélation.

La course se poursuit sur la plupart des marchés qui fonctionnent désormais comme les Bourses de café ou de coton. On achète et on vend aux enchères descendantes, qu’il s’agisse du petit marché de Hyères dans le Var ou de celui d’Aalsmeer, le géant de la profession, situé à deux pas de l’aéroport international d’Amsterdam. Les grossistes sont de plus en plus pros et les petits maraîchers d’antan ont une nette tendance à jeter l’éponge.

A l’exception de l’Equateur qui jouit d’une position géographique hors du commun, pays producteurs et fleurs à couper se sont laissées emporter par la valse des saisons. Un passage au frigo courant septembre et les graines se laissent persuader que l’hiver est bien venu. Un sol chauffé au gaz et l’inverse se vérifie. Dans les serres hollandaises, les tiges s’épanouissent au soleil électrique de minuit. On produit, désormais, toute l’année pour fournir un marché qui vit au rythme des temps forts.

La fête des morts, celle des mères, et surtout la Saint Valentin qui fait littéralement flamber les prix. Pour répondre à cette demande en croissance exponentielle, la recherche est largement sollicitée. Elle planche sur la résistance en vase du bouquet, le rendement à l’hectare. Sur l’odeur aussi. Car la fleur moderne a perdu le parfum qui embaumait les jardins de nos grands-mères. Chaque année, naissent des centaines de variétés nouvelles mais, depuis 1947, ne cultive plus qui veut. Seuls sont habilités à produire, les horticulteurs qui ont payé le droit d’exploiter les variétés « offertes » par ceux que l’on appelle des obtenteurs. C’est d’ailleurs à l’un des plus célèbres d’entre eux, le rosiériste Meilland, que l’on doit cette idée de droit d’auteur pour financer les investissement dans la recherche. Aujourd’hui encore, des experts parcourent la planète pour imposer aux douanes qu’elles chassent les contrevenants.

Nous sommes très loin de la poésie de Ronsard, du bouquet d’amour, de la fleur au fusil en signe de paix. Nous sommes au cœur de la guerre des fleurs. Une façon, haute en couleurs, d’illustrer la complexité des rapports économiques mondiaux actuels sans oublier qu’ils plongent leurs racines dans l’histoire. Détail troublant, la Hollande, qui doit à une longue tradition son rôle prépondérant dans la filière, a connu une crise Boursière dû à la spéculation sur les bulbes de tulipe à la fin du XVIIème siècle…

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