Brigadier Mikono (Le)

Un film de Jean-michel Humeau

 1978  France  Documentaire  11 mn  Noir & Blanc  Mode de production : Auto-production  VF

Producteur :
Distributeur :
Peuple qui manque (Le) (mail : lepeuplequimanque@gmail.com)

L’histoire imaginaire du Brigadier Mikono, CRS et instrument de répression. Une réussite de subversion et d’ironie.

« Lors de la manifestation puis, tout naturellement, de la bataille de rue qui suivit la réoccupation de la Sorbonne, le 16 juin, les CRS s’appliquèrent surtout à dégager le Boulevard Saint-Germain. Ils le remontèrent jusqu’à la rue des Saints-pères tout en cherchant à cerner les manifestants par une série de mouvements tournants. L’équipe du Brigadier Mikono, qui était sur place, eut dès le départ deux idées excellentes. La première était, au lieu d’accumuler en vrac des plans de matraquage, de suivre la progression tactique de ce que l’on nomme, en une association verbale aussi admirable que révélatrice, les « forces » de l’« ordre ». La seconde fut de repérer, parmi les policiers, un gradé dont l’air conquérant et la moustache virile étaient particulièrement dignes d’intérêt. Ainsi naquit Le Brigadier Mikono…

Outre l’originalité de son propos initial, Le Brigadier Mikono a d’autres qualités, liées d’ailleurs directement à cette nouveauté. C’est d’abord un film logique qui, brièvement mais pas si grossièrement que cette brièveté pourrait supposer, analyse et referme sur lui-même un mécanisme répressif. Ensuite, et c’est à ma connaissance le seul exemple parmi les films de Mai, où l’événement et ses personnages sont abordés avec un humour qui finit par se révéler d’une admirable efficacité. Vus de dos et accompagnés par un twist qui épouse à merveille l’oscillation de leur déhanchement, les CRS succombent vite sous le poids d’un ridicule nécessaire puisqu’il permet certaine remise en ordre. Par-delà les pleurnicheries complaisantes sur les victimes et leurs bourreaux, style Théolleyre dans Le Monde, Le Brigadier Mikono renvoie à un rapport nouveau et plus sain, à ce qui oppose le combattant à son ennemi, si disproportionnées, hélas, que soient, encore, les forces ».

Louis Seguin, Positif n° 97, été 1968

Film programmé lors de la 3ème Décade Cinéma et Société 2008 sur les années 68 au cinéma

Le film dans la base

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