Rideau de sucre (Le) (El Telón de azucar)

Un film de Camila Guzmán Urzúa

 2006  Cuba  Documentaire  80 mn  Couleur  Mode de production : Cinéma

 Image : Camila Guzmán Urzúa  Son : Jean Jacques Quinet  Montage : Claudio Martinez

Producteur :
Paraiso Production (7 impasse des Chevaliers, 75020 Paris, Tél : 01 43 15 91 91, Fax : 01 43 15 91 00, Mail : paraisofilm@libertysurf.fr)
Distributeur :
Paraiso Production (7 impasse des Chevaliers, 75020 Paris, Tél : 01 43 15 91 91, Fax : 01 43 15 91 00, Mail : paraisofilm@libertysurf.fr)

Filmer l’école à Cuba peut se concevoir comme une entreprise de dénonciation des mensonges de la propagande communiste et de l’embrigadement de la jeunesse. La démarche de Camila Guzmán Urzúa est plus intime, plus déchirée aussi.

Deux images l’évoquent : un jeune homme fouille dans une boîte à biscuits pour en extraire des photos de ses parents, jeunes militants de la révolution, et une photo de classe de la réalisatrice. Celle-ci fait ensuite la liste de ceux qui se sont exilés, liste si longue qu’on comprend qu’il n’en est resté qu’un, le jeune homme à la boîte de biscuits.

Le film est l’histoire du chemin qui sépare ces photos, où la petite voix de l’autobiographie questionne les représentations officielles de l’histoire, pro- ou anticastristes.

L’école à Cuba, pour Camila, c’est d’abord une affaire de ton et de goût. Le ton de belles vacances, certes un peu spéciales, dans les camps de pionniers, où les enfants placés « au contact des travailleurs » se retrouvaient entre eux, loin de l’autorité rabat-joie des parents. Le goût, c’est le sucré des goûters, de pâtisseries et de jus de fruits. Les goûters ne sont plus qu’un souvenir, la colonie modèle des pionniers tombe en ruine. Des souvenirs amers ternissent l’image sucrée de l’école du socialisme : les punitions, la délation au quotidien, et le réveil brutal de la « période spéciale ».

Si le film questionne inlassablement ce déni de la réalité, il puise sa force dans la permanence de son regard à l’échelle d’une cour d’école, aux dimensions d’un quartier. Le mensonge des dirigeants ne peut cacher le rêve de la population, celui d’une société solidaire.

Ce rêve brisé est filmé comme une photo qui se désagrège avant de se déchirer, une photo d’enfants qui ont grandi à l’intérieur du rêve et l’ont vu se dissiper avec leur propre jeunesse. La société cubaine ne se divise pas entre pro- et anti-castristes, entre « restés » et « partis », mais à l’intérieur des familles déchirées par l’exil. Récit douloureux d’une génération d’orphelins, d’orphelins d’un rêve.

Source : Yann Lardeau, réalisateur et critique de cinéma

Le film dans la base

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