Le programme des rencontres-ateliers à la médiathèque

En parallèle des projections,nous vous donnons rendez-vous à la médiathèque Éric Rohmer, à Tulle, pour un cycle d’ateliers-rencontres…

- Vendredi 21 avril, 16h00 : Marius Vazeilles et le communisme rural en Corrèze
Atelier proposé par Pierre Alphandéry, sociologue, chercheur à l’INRA

Membre du PCF, Marius Vazeilles a déployé une activité inlassable, entre les deux guerres mondiales, pour concrétiser dans de nombreux domaines l’idée qu’il se faisait du communisme rural. Forestier, affecté à Meymac, sa contribution à un reboisement du Plateau de Millevaches compatible avec l’existence d’exploitations paysannes a été originale et marquante. Syndicaliste, il a organisé la fédération des paysans travailleurs de Corrèze, avant d’être élu député du Front Populaire en 1936. Passionné d’archéologie, il a cherché à donner aux paysans les moyens de comprendre les vestiges qu’ils sortent de leurs champs. Ses activités foisonnantes l’ont toutefois amené à être confronté à de nombreuses contradictions. Dirigeant de l’internationale paysanne, il a du s’opposer aux programmes de dissolution de la propriété paysanne et de collectivisation massive. Il a refusé en 1939 le pacte germano soviétique, se voyant traité en renégat par le PCF et emprisonné durablement par le gouvernement de la 3ème République.

- Samedi 22 avril, 10h00 : 1917, Une révolution confisquée ?
Atelier proposé par Michel Dreyfus, directeur de recherche au CNRS émérite, historien.

La Révolution de 1917 en Russie suscita un immense espoir en un avenir meilleur pour des millions de gens épuisés par trois ans d’un conflit monstrueux. Mais le processus de transformation de l’ordre établi qui ébranla le vieux monde se grippa très vite. La Grande Guerre se poursuivit durant plus d’une année et la Russie en paya chèrement les conséquences. À la différence de la majorité des pays européens, elle n’avait pratiquement aucune expérience démocratique. De plus et contrairement à ce qu’espéraient les dirigeants bolchéviks, Lénine et Trotsky en tête, la Révolution russe demeura isolée et ne fut soutenue par aucune autre révolution en Europe. Enfin, les communistes durent affronter une terrible guerre civile qui dura de 1918 à 1921 ; elle fut menée par les « Blancs » contre-révolutionnaires, soutenus notamment par la France et la Grande-Bretagne. Toutes ces conditions pesèrent très lourdement sur le nouveau régime dans un pays en majorité rural et dans lequel la classe ouvrière n’avait que peu de poids. Michel Dreyfus proposera une analyse de toutes ces conditions qui contribuèrent puissamment à la victoire de Staline et de sa conception du « socialisme dans un seul pays » à partir de 1925. Les espoirs suscité par la Révolution huit ans plus tôt s’estompèrent alors toujours davantage pour aboutir à la réalité que l’on connaît.

- Samedi 29 avril, 10h00 : Marc Ferro, un regard neuf sur la relation entre l’histoire et le cinéma
Atelier proposé par Sébastien Layerle, historien du cinéma

Les écrits de l’historien Marc Ferro consacrés à l’étude du film en tant que document d’histoire trouvent leur origine dans son expérience de conseiller historique et d’auteur-réalisateur pour la télévision. Avec le documentaire de montage Trente ans d’Histoire : la Grande Guerre (co-réal. Solange Peter, 1964) débute une longue série de projets et d’expérimentations audiovisuelles, aujourd’hui encore largement méconnues, qui atteint son point d’orgue avec l’émission Histoire parallèle, diffusée sur La Sept puis Arte entre 1989 et 2001. Produit deux ans après le film L’Année 1917 (1967), qui avait suscité un vif intérêt chez les historiens par son utilisation des images d’archives, Lénine par Lénine (co-réal. Pierre Samson) renouvelle l’approche de la biographie filmée en livrant un portrait en images du leader communiste au travers de ses textes, de sa pensée et de ses analyses sur la société de son temps. S’il éclaire et prolonge autrement les travaux de Marc Ferro sur la révolution russe et sur la naissance de l’Union soviétique, il invite aussi, selon ses auteurs, à réfléchir à la question : « comment faire un film sur Lénine en 1970, au lendemain des événements de Mai 68 en France ? ».