El Año del Descubrimiento

Un film de Luis López Carrasco

 2020  Espagne, Suisse  Documentaire  200 min  Couleur  Mode de production : Cinéma  VOSTF (espagnol)

 Scénario : Luis López Carrasco  Image : Sara Gallego  Son : Alberto Carlassare  Montage : Sergio Jiménez

Producteurs :
LaCima producciones (@ : info@lacimaproducciones.com, ESPAGNE)
Alina film (Case postale 1073, 1211 Genève 1, SUISSE, @ info(@)alinafilm(.)com)
Distributeur :
Begin Again films (@ : hola@beginagainfilms.es, ESPAGNE)

En 1992, dix ans après la victoire du parti ouvrier de Felipe Gonzalez, l’Espagne donne l’image d’un pays civilisé, moderne et dynamique. Cependant, dans la ville de Carthagène, située dans le sud-est du pays, émeutes et manifestations s’achèvent par l’incendie de la préfecture régionale à l’aide de cocktails molotov.

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Le 3 février 1992 à Carthagène (Espagne), après des semaines de mobilisation contre la destruction programmée des industries locales, des affrontements entre manifestants et « forces de l’ordre » débouchent sur l’incendie du Parlement de la Communauté autonome. Cet événement, annoncé dès le début de « El año del descubrimiento », constitue le point d’ancrage de discussions filmées de nos jours dans un café. Il y est question de conditions de travail, d’addictions, de pollution, du multiculturalisme espagnol, de la période franquiste, etc. Le format vidéo archaïque employé projette des corps du vingt-et-unième siècle dans une époque antérieure, d’autant plus que les récits contemporains sont scandés par des archives de 1992. « El año del descubrimiento » se présente comme une agora où chaque citoyen a voix au chapitre, et où des points de vue contradictoires peuvent coexister. Ainsi, l’affirmation que « les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent rien à la politique » est reçue avec distance lorsque l’on vient de constater l’inverse. Il n’est pas question de savoir qui a raison et que penser, mais comment faire société à partir des expériences singulières de chacun. L’usage du split screen témoigne de la complexité d’un tel espace démocratique : la ligne noire qui scinde l’écran a le pouvoir de rapprocher deux visages distants, de les mettre sur le même plan, mais le lieu qu’elle génère ainsi est paradoxal et purement cinématographique. À défaut de pouvoir le transposer dans le monde réel, le film formule à travers la rencontre de générations et de perspectives un manifeste contre un court-termisme délétère.

Olivia Cooper Hadjian, Cinéma du réel 2020

Le film dans la base

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