Rendez-vous d’Anna (Les)

Un film de Chantal Akerman

 1978  France, Belgique  Fiction  125  Couleur  35 mm  Mode de production : Cinéma  VF

 Scénario : Chantal Akerman  Image : Jean Penzer, Rémon Fromont  Son : Henri Morelle, Jean-Jacques Ferran  Montage : Francine Sandberg

 Distribution : Aurore Clément, Léa Massari, Jean-Pierre Cassel

Producteurs :
Paradise films (29 rue de la Sablonnière, B-1000 Bruxelles, Belgique, Tel : 32 2 218 60 44, Fax : 32 2 219 48 26, Mail : paradisefilms@skynet.be)
Distributeur :
Cinémathèque royale de Belgique (9 rue Baron Horta, 1000 Bruxelles, BELGIQUE, @ : info@cinematek.be)

Anna (Aurore Clément) est cinéaste. Célibataire, elle voyage de ville en ville et connaît des aventures sans lendemain avec des personnages différents qui lui racontent leurs histoires, leurs petites histoires, parce qu’elle ne fait que passer. Mais derrière ces petites affaires se dessinent aussi les grandes - celles des pays, celles de l’Europe des cinquante dernières années. Comme avec Heinrich, cet Allemand qui a perdu son père à Stalingrad et sa femme, enlevée par un travailleur immigré turc. Elle rencontre aussi des gens qui essaient de lui faire réintégrer la loi, la conjugalité ou la famille. Ido, par exemple, qui aurait pu être sa belle-mère et qui, une dernière fois, lui demande d’épouser son fils. Daniel (Jean Pierre Cassel), un homme englué dans le système qui ne peut pas cesser de travailler. Et puis sa mère (Léa Massari), personnage central, qui la rappelle à Bruxelles parce qu’elle a besoin de parler. Omniprésente également, la crise économique dans laquelle toutes et tous se débattent, celles et ceux qui tentent d’y échapper, celles et ceux qu’elle détruit, celles et ceux qu’elle nourrit.

Anna, comme chacun des personnages rencontrés, se retrouvera, au bout du chemin, elle aussi face à sa propre solitude. Son personnage se trouve dans un ailleurs, hors de toute référence, de toute catégorie de pensée. Le film raconte le voyage d’une exilée, une nomade qui traverse un espace dessiné par le tracé des voies ferroviaires qui relient entre elles les grandes villes européennes.

On pourrait penser qu’il importe peu qu’Anna soit réalisatrice : on ne la voit jamais exercer son métier. En réalité, cela importe beaucoup : le silence d’Anna, ce silence sur elle-même, son écoute des balbutiements des autres, c’est un peu le destin de la créatrice pour qui l’œuvre remplace la prise directe sur la vie. Mais c’est aussi, et sans doute est-ce pour cela que le film nous touche, la posture d’extériorité que chacun·e de nous ressent parfois, lorsqu’on se sent à distance de la vie.

Film programmé lors des Rencontres cinéma et société 2021 « Vive le train ! »

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