Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

Un film de Olivier Zuchuat

 2012  France, Grèce, Suisse  Documentaire  87 mn  N&B et Couleur  DCP  Mode de production : Cinéma  VOSTF (grec)

 Image : Olivier Zuchuat  Son : Aris Athanassopoulos, Vincent Montrobert, Julien Bourdeau  Montage : Olivier Zuchuat

Producteurs :
Prince Films (c/o Pierre-Alain Meier, CH-2863 Undervelier, Suisse, Tel. 41 32 426 73 04, Fax. 41 32 426 73 06, thelmafilm@smile.ch)
AMIP (Audiovisuel multimedia international production) (52 rue Charlot, 75003 Paris, Tél : 01 48 87 45 13, Fax : 01 48 87 40 10, Mail : amip@amip-multimedia.fr)

Entre 1947 et 1951, le Gouvernement Grec a interné sur l’île déserte de Makronissos près de 80 000 soldats et civils (hommes, femmes, enfants). Ils avaient participé à la résistance contre l’occupation nazie et étaient suspectés d’appartenir ou appartenaient au Parti Communiste Grec. Ils devaient y effectuer des activités de « rééducation » destinées à leur faire signer des « repentances idéologiques » et réintégrer « le droit chemin » tracé par les idéologues de l’extrême-droite nationaliste du Roi Paul. Beaucoup s’y refusèrent, subirent des tortures parfois fatales, mais ne renièrent jamais leurs convictions marxistes. On les appelait les « irréductibles »…

Parmi eux, de nombreux artistes, intellectuels et universitaires. Une activité poétique intense se développa dans le camp, encouragée par l’un des plus célèbres « irréductibles », le poète Yannis Ritsos qui s’est astreint à écrire chaque jour – sur des paquets de cigarettes ou des morceaux de cartons – des poèmes qu’il enterrait dans des bouteilles et qui ont pu être ramenés du camp. Les poèmes de Yannis Ritsos, Menelaos Loudemis, ou encore Tassos Livaditis évoquent tant les « états intérieurs » des exilés que les événements de la vie du camp ; Ils donnent à imaginer ce laboratoire barbare tout entier destiné à la « reprogrammation mentale » des résistants communistes. Ces textes poétiques sont organisés en un scénario écrit dépeignant la (sur)vie dans cette colonie pénitentiaire, décrivant les tortures psychologiques et les techniques de lavages de cerveaux mises en place.

Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit mêle ces écrits poétiques avec des textes de rééducation qui étaient diffusés en permanence dans les haut-parleurs des camps. De longs travellings, tels des mouvements hypnotiques, arpentent les ruines des camps et “se heurtent” aux archives photographiques. Un essai filmé qui ranime la mémoire de ruines oubliées et d’une bataille perdue. Un objet cinématographique à la frontière de l’essai documentaire, de la poésie littéraire et du cinéma expérimental…

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