Soleil et la Mort, Tchernobyl et après…(Le)

Un film de Bernard Debord

 2006  France  Documentaire  82 mn  Couleur  Mode de production : Télévision  VF, VOSTF (français)

 Scénario : Agnieszka Ziarek  Montage : Sylvie Bourget

Producteur :
Mat films (Société qui a cessé son activité)
Distributeur :
Doc & Film International (13, rue Portefoin, 75003 Paris, Tél : 01 42 77 56 87, Fax : 01 42 77 36 56)

Le 26 avril 1986, une explosion nucléaire dégagea un nuage toxique à Tchernobyl dans le nord de l’Ukraine. Les jours suivants, celui-ci déversa 70 % de sa charge en radio-nucléides sur le territoire de la Biélorussie, distant de sept kilomètres de la centrale. Le monde l’ignore, tout comme il a oublié que le nuage fit en une semaine le tour de l’hémisphère nord y déversant le reste de ses dépôts mortels.

Depuis, vingt ans se sont écoulés, et la Biélorussie, théâtre unique de ce film, est accablée par l’ingestion sur le long terme de petites doses de radioactivité. L’ambition de ce film est de témoigner du processus de mort lente, de révéler l’imminence de la catastrophe génétique, de dénouer les fils de la conspiration internationale du silence, qui accablent ce pays. Et d’alerter le monde quant au danger que cette désinformation organisée faire planer sur son immédiat futur.

Dans son dernier rapport sur les conséquences de l’accident de la centrale, l’Agence Internationale de l’Energie atomique, limite le bilan à cinquante-neuf morts des suites directes de l’explosion et neuf enfants décédés du cancer de la thyroïde. Quatre mille personnes, d’après cette même AIEA, serait atteintes du même mal sans encourir de danger mortel. La seule autre pathologie reconnue par l’autorité mondiale du nucléaire serait le stress dû à la radiophobie des populations des zones contaminées.

Rien sur les innombrables pathologies constatées sur place, rien sur les malformations congénitales, pourtant en hausse de 78%, rien sur les effets des petites doses de radioactivité ingérées sur le long terme. Rien sur la catastrophe démographique touchant la Biélorussie. La réponse à ce « rien » est - preuves à l’appui - le propos de ce film. Ses acteurs en sont des êtres pétris d’humanité, victimes négligées de la contamination, et des médecins et savants, résistants de la science, ne se résignant pas au pire.

À l’exemple, du « héros » de ce documentaire, le Professeur Youri Bandajevski, démis de ses fonctions de Recteur de l’Institut de médecine et condamné à la prison à l’issue d’un procès stalinien. La matière de ces savants, l’atome, est invisible et indicible, leur gageure d’en montrer la matérialité, d’en dire le sens. Leur propos va à l’encontre de vérités établies, au même titre que celui de ce film. Leurs adversaires se nomment lobby nucléaire et confort de l’ignorance. Leur arme est le réel : celui d’un monde que l’on s’efforce d’estomper.

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