Affiche du film © Les Films du losange

Machine à écrire et autres sources de tracas (La)

Un film de Nicolas Philibert

 2024  France  Documentaire  Prise de vue réelle  75 min  Couleur  Mode de production : Cinéma  VF

 Image : Nicolas Philibert assisté de Rémi Jennequin, Pauline Pénichout  Son : François Abdelnour, Erik Ménard, Nicolas Philibert  Montage : Nicolas Philibert assisté de Janusz Baranek

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Fiche créée le : 30 juillet 2026 / Dernière mise à jour : 30 juillet 2026

Dernier volet du triptyque initié avec Sur l’Adamant puis Averroès & Rosa Parks, le film poursuit sa plongée au sein du pôle psychiatrique Paris centre. Ici, le cinéaste accompagne des soignants bricoleurs au domicile de quelques patients soudain démunis face à un problème domestique, un appareil en panne, etc.

 

Extrait de la note d’intention du réalisateur

« En plein tournage sur l’Adamant, j’apprends un jour de la bouche d’un soignant que quelques-uns d’entre eux forment un petit groupe qui s’est donné pour mission de porter secours à tel ou tel patient quand l’un d’entre eux se trouve confronté à un problème domestique : une fuite d’eau, un meuble à monter, des étagères à fixer, un appareil en panne, etc. L’information pique ma curiosité. Le petit groupe s’appelle “L’orchestre”. Ils sont quatre ou cinq et interviennent par roulement, deux par deux. Jusqu’ici je ne me suis pas tellement préoccupé de filmer en dehors de l’Adamant, mais après tout pourquoi pas ? J’ai envie d’explorer cette piste. Un patient, Patrice, va bientôt m’en donner l’occasion.

Patrice est une figure emblématique de l’Adamant. Hiver comme été, cet homme s’y rend chaque matin dès l’ouverture des portes, va s’assoir à “sa” table et se lance sans tarder dans l’écriture d’un poème en alexandrins. De retour chez lui, il s’installe devant sa machine à écrire et retranscrit le poème du jour. Cette pratique quotidienne semble être ce qui le tient depuis des années. Chez lui, plus de huit mille poèmes s’entassent dans des chemises. Mais voilà qu’un jour sa machine à écrire se bloque. Les jours passent, les manuscrits s’accumulent. Patrice est dans tous ses états. L’orchestre se mobilise. Walid et Goulven proposent de faire un saut chez lui, sans garantie de réussite : trentenaires l’un comme l’autre, ils n’ont encore vu de machine à écrire qu’au cinéma.

Ils acceptent que je les accompagne. Les voilà bientôt à l’œuvre. Je filme et engrange une belle séquence. Pour moi, ce premier pas de côté en appelle d’autres. Les membres de L’orchestre sont régulièrement sollicités, d’autres visites à domicile les attendent. Restaurer les âmes, réparer les objets… Pourquoi ne pas continuer à les suivre ? »}

La recommandation programmation d’Autour du 1er mai

« La caméra accompagne un duo de « soignants-bricoleurs » qui connaît déjà bien les patient·es suivi·es, se déplace à domicile pour tenter de réparer tel ou tel appareil domestique défaillant, un frigidaire récalcitrant, un appareil à CD devenu muet ou une machine à écrire bloquée dont un patient-poète a grandement besoin pour écrire ses poèmes quotidiens… autant d’objets animés dans l’espace de vie des patient·es et surchargés de sens dans leur histoire. C’est une psychiatrie humaniste, où tout se joue dans la relation. Nous sommes nous-mêmes projeté·es dans les regards énigmatiques ou fuyants, avec la juste distance qui se construit, entre patience et intervention, entre écoute et paroles, entre désarroi et reconnaissance.

… Tel l’art japonais du Kintsugi, la réparation des objets et des lieux devient ici restauration des âmes. »

Pour découvrir ce film

À télécharger :
Dossier de presse (PDF - 5,4 Mio)
Vidéo à voir en ligne :
Bande-annonce

Le film dans la Base cinéma & société

Thématiques :
Économie solidaire, critique du capitalisme et alternatives
Identités, familles, liens humains
Projeté dans le festival :
Rencontres cinéma et société (Tulle)