


Autour du 1er mai
Ce que j’aime dans le cinéma en général et le cinéma documentaire en particulier, c’est l’engagement qu’ils impliquent, la culture qu’ils nécessitent et la créativité qu’ils suggèrent. Ces cinq films réalisés pour dénoncer un conflit, pour soutenir une cause, pour rendre compte de la vie quotidienne et montrer les rapports humains et ses enjeux, sont autant de points de vue qui contribuent à construire la mémoire de notre histoire.
Ballet mécanique (Fernand Léger, 1924)
Dans son film Le Ballet mécanique, Fernand Léger invente des formes de collages et de montage ultrarapides, et applique au cinéma le principe cubiste de l’analyse des formes.
Christiane et Monique (LIP V) (Carole Roussopoulos, 1976)
Aucune image de la télévision ne veut ni ne peut nous refléter. C’est avec la vidéo que nous nous raconterons.
Classe de lutte (Groupe Medvedkine de Besançon, 1969)
Réponse des ouvriers de la Rhodiaceta de Besançon au film « A bientôt, j’espère ». Il suit la création d’une section syndicale CGT dans une usine d’horlogerie par une ouvrière dont c’est le premier travail militant en 1968. On y découvre comment Suzanne réussit à mobiliser les autres femmes de l’entreprise, malgré la méfiance des dirigeants syndicaux et les intimidations du patronat.
Loin du vietnam (Collectif : Jean-Luc Godard, Joris Ivens, William Klein, Claude Lelouch, Chris Marker, Alain Resnais, 1967)
1967, un groupe de cinéastes décide d’affirmer son soutien au peuple vietnamien en lutte contre les USA, le but n’étant pas de réaliser un documentaire sur le Vietnam, mais d’ouvrir une réflexion sur cette guerre impérialiste.

Présidente Autour du 1er mai
Petite, je me jetais dans la lecture, comme un refuge, un havre de paix… le cinéma a construit pour moi un nouveau rapport au monde : voir des films avec des gens, dans une salle obscure (nous n’avions pas la télévision), ça a été entrer en relation avec d’autres, partager, ressentir… La base que nous construisons ensemble n’est que le prolongement de cette certitude : on ne sauvera notre peau, on ne survivra qu’ensemble, en ne cédant ni au découragement, ni à l’indifférence ; et si voir des films avec d’autres, ça aidait à construire un autre regard sur le monde, fait de plaisirs partagés, de questionnements et d’envie d’agir ?
Chronique d’un été (Jean Rouch, Edgar Morin, 1960)
Etes-vous heureux ? Edgar Morin et Jean Rouch interviewent la france des années 1960. Le film est également un questionnement sur le cinéma.
Déjà s’envole la fleur maigre (Paul Meyer, 1960)
La chronique d’un jour ordinaire dans une communauté d’ouvriers mineurs du Hainaut. Alors qu’en Belgique les mines ferment les unes après les autres, des familles de travailleurs italiens continuent d’émigrer dans le Borinage.
Family Life (Ken Loach, 1971)
Janice, une jeune fille de dix-neuf ans vit avec ses parents dans un pavillon de la banlieue londonienne. Ecartelée entre un père absent et une mère dominatrice, elle se réfugie peu à peu dans un mutisme qui la conduit à être internée.
Fond de l’air est rouge (Le) (Chris Marker, 1977)
Montage de documents pour la plupart inédits, couvrant dix années capitales de l’histoire mondiale : 1967-1977. Première partie, « Les mains fragiles : du Vietnam à la mort du Che, Mai 68 et tout ça ». Deuxième partie, « Les mains coupées : du printemps de Prague au Programme commun ».
Ile aux fleurs (L’) (Jorge Furtado, 1989)
Douze minutes qui suffisent pour mettre en branle les rouages indéfectibles du commerce mondial.

Peuple et culture
Parmi ces films, documentaires et de fiction, certains retiennent d’avantage mon attention, parce qu’ils évoquent des oeuvres qui m’ont fortement touchée - certaines plus que d’autres… Ma relation particulière à ces films peut être directement liée à leur contenu informatif, à la force poétique qui en émane, au contexte dans lequel je les ai découverts… Le cinéma parce qu’il aiguise et agrandit le regard, nous réconcilie parfois avec l’humain, lui permet d’inventer d’autres possibles.
An 01 (L’) (Jacques Doillon, 1972)
« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste… ». L’An 01 narre un abandon utopique, consensuel et festif de l’économie de marché et du productivisme. Financé grâce à la bonne volonté des lecteurs de Charlie-Hebdo, ce film reste emblématique de la contestation des années 1970.
Attention danger travail (Pierre Carles, Stéphane Goxe, Christophe Coello, 2003)
Une dizaine de chômeurs et chômeuses racontent pourquoi et comment ils ont décidé de ne plus aller travailler.
Classe de lutte (Groupe Medvedkine de Besançon, 1969)
Réponse des ouvriers de la Rhodiaceta de Besançon au film « A bientôt, j’espère ». Il suit la création d’une section syndicale CGT dans une usine d’horlogerie par une ouvrière dont c’est le premier travail militant en 1968. On y découvre comment Suzanne réussit à mobiliser les autres femmes de l’entreprise, malgré la méfiance des dirigeants syndicaux et les intimidations du patronat.
Enracinés (Les) (Damien Fritsch, 2005)
Yvette, Arlette, Léon, Catherine et Jean ont entre 70 et 80 ans. Ils sont d’origine paysanne, ont connu une vie faite du dur labeur de la terre et de l’élevage.
Grèves d’occupation (Collectif & Anonyme, 1936)
Actualités réalisées par des ouvriers pour représenter les importants mouvements de grévistes de juin 1936, dans la région parisienne.

Peuple et Culture
Le cinéma pour ne pas rester sourd et aveugle à ce qu’on a pas su ou voulu voir et entendre.
Attention danger travail (Pierre Carles, Stéphane Goxe, Christophe Coello, 2003)
Une dizaine de chômeurs et chômeuses racontent pourquoi et comment ils ont décidé de ne plus aller travailler.
Hiroshima mon amour (Alain Resnais, 1959)
En août 1957, à Hiroshima, une actrice française termine un film sur la paix. Elle s’éprend d’un architecte japonais le dernier jour du tournage. Ils ont vingt-quatre heures devant eux pour vivre cette passion fulgurante.
Ile aux fleurs (L’) (Jorge Furtado, 1989)
Douze minutes qui suffisent pour mettre en branle les rouages indéfectibles du commerce mondial.

Présidente Peuple et Culture
Le cinéma pour (ensemble) voir, croire et pouvoir…Un clin d’oeil à Jean-Louis Comolli.
Cécilia (La) (Jean-Louis Comolli, 1976)
Le premier film de fiction de Jean-Louis Comolli évoque la communauté fondée par l’anarchiste italien Rossi au Brésil, au XIXème siècle.
Déjà s’envole la fleur maigre (Paul Meyer, 1960)
La chronique d’un jour ordinaire dans une communauté d’ouvriers mineurs du Hainaut. Alors qu’en Belgique les mines ferment les unes après les autres, des familles de travailleurs italiens continuent d’émigrer dans le Borinage.
J’ai huit ans (Yann Le Masson, 1961)
Film réalisé à partir de dessins d’enfants algériens recueillis dans un camp en Tunisie.

Critique itinérant, essayiste et marcheur, enseigne l’histoire du cinéma à l’Insas (Bruxelles). Il fut le rédacteur en chef de la revue « l’image, le monde » et dirige la collection « le Geste cinématographique » aux éditions Montparnasse
Sept films de voyage, de mouvement, de vacances, exprimant chacun à sa manière un fort rapport au monde, personnel, singulier, impliqué : non pas le monde tel qu’il est, mais tel qu’il se construit et se transforme quand on tourne, tel qu’il se révèle chemin faisant dans l’acte même de faire, dans le présent du tournage puis du montage, dans la disponibilité à leurs aléas. Il arrive toujours quelque chose quand on croit à ce que l’on filme, ne serait-ce que de permettre à chacun de mieux comprendre qui il est. Ce geste-là est socratique, documentant tout à la fois le monde, le cinéaste, le cinéma et, au bout du parcours, le spectateur devant un écran.
Déjà s’envole la fleur maigre (Paul Meyer, 1960)
La chronique d’un jour ordinaire dans une communauté d’ouvriers mineurs du Hainaut. Alors qu’en Belgique les mines ferment les unes après les autres, des familles de travailleurs italiens continuent d’émigrer dans le Borinage.
Jaguar (Jean Rouch, 1961)
Le berger Lam, Illo le pêcheur et Damouré l’écrivain public décident de se rendre à Accra pour y trouver fortune car, au Niger, la coutume veut que les jeunes gens s’expatrient le temps de réunir le montant de la dot indispensable à leur mariage.
Journal Intime (Nanni Moretti, 1994)
Nanni Moretti se met en scène et nous invite à partager son jardin secret. A travers les rues de Rome en Vespa, dans la pittoresque île de Lipari au Nord de la Sicile, chez son ami Gerardo et de visites en visites chez une multitudes de médecins, incapables de diagnostiquer le mal mystérieux dont il souffre.
Lettre à mon ami Pol Cèbe (Michel Desrois, 1970)
Où le ruban d’une autoroute se met à enregistrer les pensées.
Moindre geste (Le) (Fernand Deligny, Josée Manenti, 1971)
Tourné dans les années 1960, « le Moindre Geste » suit les chemins de traverse d’Yves, « débile profond » . Entre fiction et documentaire, Fernand Deligny et ses proches ont créé plus qu’un film : un projet commun. Hors normes.
Règne du jour (Le) (Pierre Perreault, 1967)
Alexis Tremblay, cultivateur québécois à la retraite décide de partir en France à la recherche de ses racines, sur les traces d’un lointain ancêtre ayant émigré au Canada.
Vacances de Mr Hulot (Les) (Jacques Tati, 1953)
Au volant de sa vieille voiture, monsieur Hulot débarque dans une paisible station balnéaire bretonne. A peine passée la porte de l’Hôtel de la Plage, où séjournent la plupart des vacanciers du coin, il accumule catastrophe sur catastrophe.

Conservateur, département de l’Audiovisuel, Bibliothèque Nationale de France
Il doit rester dans le monde une poignée de personnes nées avant le cinéma. Ce constat est en disproportion vertigineuse avec tous les mondes révolus, définitivement derrière nous, dont les films anciens nous apportent le témoignage. Pour cet art comme pour le monde, j’ai souvent l’impression que c’est l’équivalent de plusieurs siècles qui se sont concentrés dans la durée d’une vie.
A propos de Nice (Jean Vigo, 1930)
Jean Vigo tourne un pamphlet virulent où Nice devient le lieu clos d’un conflit entre deux mondes.
Délits flagrants (Raymond Depardon, 1994)
Dans le dépôt de la préfecture de Police au Palais de Justice, Raymond Depardon filme l’itinéraire procédural de plusieurs personnes prises en flagrant délit, notamment leur audition par un substitut du procureur.
O salto (Christian de Chalonge, 1967)
Antonio rêve de faire le saut, de quitter le Portugal pour échapper à la guerre colonialiste et trouver du travail. Mais le passage est cher et dangereux.
Terre (La) (Alexandre Dovjenko, 1929)
Réduit à sa trame, La Terre raconte la collectivisation de la terre ukrainienne à travers le destin d’un jeune communiste. Un chef-d’oeuvre du cinéma russe.

LA CECILIA de J.L. Comolli Un hymne à l’utopie réalisée et une réflexion sur la valeur la vie. Un film programme, un film tonique, indispensable.
KASHIMA PARADISE de Y. Le Masson et B. Deswarte. J’étais au Japon quand ils ont tourné le film et j’ai accompagné leur démarche. La rigueur de leur analyse et de leur raisonnement à la hauteur de la qualité de l’image et la richesse du thème.
VALPARAISO de Joris Ivens Un film culte pour moi. La beauté de la langue parlée répond aux images fabuleuses d’une ville improbable et sont une invitation au voyage.
24 PORTRAITS d’Alain Cavalier. Je ne me souvenais pas qu’il y en avait 24. Mais je me souviens de ces portraits de femmes façonnées par leur métier…Le regard qui change tout.
CHATS PERCHÉS de Chris Marker. Tous les films de Chris M. mériteraient d’être là, mais celui-ci me touche d’autant plus que Chris nous apprend encore et toujours à regarder notre monde en mouvement et à en tirer l’essentiel. Merveilleuse rencontre de ce regard acéré et de M. Chat qui promène sur nous son sourire facétieux.
A valparaiso (Joris Ivens, 1965)
Au départ, A Valparaiso était un exercice d’étudiants chiliens sous la direction de Ivens. Le réalisateur a associé ses élèves à son travail. Le film est devenu une œuvre remarquable et une superbe analyse du phénomène urbain dans laquelle coexistent poésie et militantisme.
Cécilia (La) (Jean-Louis Comolli, 1976)
Le premier film de fiction de Jean-Louis Comolli évoque la communauté fondée par l’anarchiste italien Rossi au Brésil, au XIXème siècle.
Chats perchés (Chris Marker, 2004)
Avec « Chats Perchés », Chris Marker retrouve le Paris de « Joli Mai », entre septembre 2001 et l’automne 2003. Son guide, entre les événements qui ponctuent cette nouvelle chronique poétique et politique : M. Chat.
Kashima paradise (Yann Le Masson, Benie Deswarte, 1973)
Entre Kashima et Tokyo, se construit vers 1970 l’aéroport de Narita : les paysans refusent de vendre leurs terres et affrontent les gardes mobiles envoyés pour les expulser. Portrait sociologique d’une nation au début des années mille neuf cent soixante-dix.
Portraits (Alain Cavalier, 1988;1991)
24 magnifiques portraits de femmes. Chacun a pour but d’archiver le travail manuel féminin. C’est l’histoire d’une rencontre, un recueil de souvenirs, la mémoire d’une époque.

Déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir
J’aime l’engagement de ces cinéastes leur regard sans compromission, leur chaleur, leur exigence et les histoires singulières qu’elles racontent. Elles donnent de la voix et de l’image, croisent avec intelligence ce que l’on a convenu de dénommer le privé et le politique.
Beppie (Johan Van der Keuken, 1965)
Beppie a dix ans. C’est une vraie gamine d’Amsterdam, qui raconte au cinéaste ce dont est fait sa vie quotidienne et ce qui la préoccupe : la vie, la mort, la télévision, l’amour, l’argent…
Chronique d’une banlieue ordinaire (Dominique Cabrera, 1992)
Avant la destruction des tours HLM du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie, certains habitants offrent à travers leurs témoignages, une réflexion sur l’habitat social en banlieue parisienne.
Nos traces silencieuses (Myriam Aziza, Sophie Bredier, 1998)
Sophie Bredier est une jeune Coréenne de 26 ans, adoptée à l’âge de quatre ans par un couple français. Elle remonte dans son passé asiatique à partir des cicatrices de brûlures qu’elle a sur le mollet, seuls témoins de sa vie d’avant.
Sois belle et tais-toi ! (Delphine Seyrig, 1976)
La célèbre actrice et activiste, Delphine Seyrig interroge vingt-deux actrices françaises et américaines sont interviewées sur le thème de la condition de la femme dans le cinéma …
Sud (Chantal Akerman, 1999)
Sud est une évocation de la violence raciste qui fait le quotidien américain. Comment un crime peut s’inscrire dans un paysage, tant mental que physique.

Productrice Films du Jeudi
Juste quelques films qui font battre le cœur, et puis d’autres en devenir pour défendre ici-bas ce qui nous est cher.
Amour existe (L’) (Maurice Pialat, 1962)
Aubervilliers, Pantin, Courbevoie, Nanterre…Un itinéraire à travers la banlieue parisienne de la fin des année cinquante.
Farrebique (ou les 4 saisons) (Georges Rouquier, 1945)
La chronique d’une famille de paysans aveyronnais au rythme des quatre saisons.
Glaneurs et la glaneuse (Les) (Agnès Varda, 2000)
Agnès Varda rencontre ceux qui, pour vivre, ramassent ou récupèrent les « restes » des autres : déchets de fin de marchés, objets abandonnés sur les trottoirs…Ceux qu’elle appelle les glaneurs de notre temps.
Les Lumières de la ville (Charles Chaplin, 1931)
En errant dans la ville, un vagabond rencontre une jeune fleuriste aveugle qui, par une suite de quiproquos, le prend pour un riche promeneur. Epris de la jeune femme, Charlot se met en tête de réunir les fonds pour guérir l’infirmité de la jeune fleuriste…
Sans soleil (Chris Marker, 1982)
Réflexion sur l’image, la représentation du monde et la responsabilité morale de ceux qui fabriquent cette mémoire visuelle.

Critique pendant 35 ans (AFP, Figaroscope) et a toujours oeuvré dans le cinéma
J’ai choisi quatre films : « La règle du jeu », « Les temps modernes », « Un vrai crime d’amour » et « Vivre au paradis ». D’abord parce que je les aime et ensuite parce que tous quatre sont des oeuvres évidentes dès lors que l’on parle analyse sociale.
« Les temps modernes » touche à l’abstraction quand il parle des conditions de travail en usine.
« La règle du jeu » de Jean Renoir, d’une élégance formelle impeccable, est implacable quant à l’analyse de la société française d’avant guerre. Ce sont deux classiques.
« Un vrai crime d’amour » de Luigi Comencini et « Vivre au paradis » de Bourlem Guerdjoui sont plus méconnus. Le premier a toutes les qualités du mélo italien comme Luigi Comencini savait en faire, mais les thèmes qu’il aborde sont toujours actuels.
Quant à « Vivre au paradis », il parle d’un sujet qui fâche dans l’Hexagone. Il raconte en effet comment vivait la première génération des ouvriers maghrebins venus servir nos « Trente glorieuses » et leur odieuse exploitation. Une oeuvre aussi salubre qu’émouvante.
Règle du jeu (La) (Jean Renoir, 1939)
Christine, La femme du marquis de la Chesnaye a invité en Sologne son amoureux Octave et son ami Jurieu qui vient de battre le record de la traversée de l’Atlantique en avion.
Temps modernes (Les) (Charles Chaplin, 1936)
Les Temps modernes marque la dernière apparition de Charlot, le Petit Homme qui avait apporté une gloire mondiale à Charles Chaplin, et qui reste le personnage de fiction le plus universellement reconnu de l’histoire.
Vivre au paradis (Bourlem Guerdjou, 1997)
Pendant la guerre d’Algérie, Lakhdar, immigré, ouvrier du bâtiment, habite le bidonville de Nanterre. Ne supportant plus la solitude, il fait venir sa femme Nora et ses enfants en France. Dès lors, il n’a plus qu’une obsession : offrir aux siens un appartement digne de ce nom.
Vrai crime d’amour (Un) (Luigi Comencini, 1974)
Une Love Story ouvrière entre un communiste milanais et une Sicilienne, rongée à mort par la pollution de leur usine. Un mélo subversif, s’achevant dans la vengeance sociale.

Présidente association Mémoire à vif
Des films pour :
Prendre des nouvelles du monde et aller à la rencontre de l’autre
Résister à tout ce qui nous entrave, nous lobotomise, nous châtre car le cinéma doit nous apprendre à être rebelles, subversifs, insoumis…
Juha (Aki Kaurismäki, 1996)
Juha, propriétaire et fermier qui, malgré l’opposition de sa mère, élève la jeune et pauvre Marja et l’épouse. Une histoire d’amour à trois…
Partie de campagne (Une) (Jean Renoir, 1936)
La fulgurante idylle d’un séduisant canotier et d’Henriette Dufour, fille d’un quincaillier parisien, venu un dimanche, en famille, déjeuner sur l’herbe.
Sécheresse (Nelson Pereira dos Santos, 1963)
L’âpre lutte pour la survie d’une famille paysanne du nord-est du Brésil, à la fois aux prises avec la sécheresse et les abus de pouvoir des autorités.
Sel de la terre (Le) (Herbert Biberman, Michaël Wilson, 1954)
Dans une mine du nouveau mexique, des mineurs se mettent en grève pour l’égalité entre mineurs mexicains et blancs.
Terre tremble (La) (Luchino Visconti, 1948)
L’aîné des Valastro, une famille de pêcheurs, se révolte contre les mareyeurs. Propriétaires des bateaux et des filets, ils sont en position de force pour acheter le poisson au plus bas prix, réduisant du même coup les pêcheurs à la misère.
Zéro de conduite (Jean Vigo, 1933)
Trois internes se rebellent et organisent une révolte dans un collège de province. Une oeuvre longtemps censurée toujours d’avant-garde du cinéma français.

Autour du 1er mai
L’humanité est la même. Partout.
Notre vécu, s’il est différent de par nos cultures, est traversé par les mêmes erreurs, la même culpabilité et les mêmes quêtes.
J’aime le cinéma, son discours et sa forme, lorsqu’il transcende mes questionnements et me permet d’entrevoir l’universalité de nos sentiments.
Souffrir, vivre et mourir au cinéma, reste pour moi une curiosité vitale.
Bloody sunday (Paul Greengrass, 2002)
Le dimanche 30 janvier 1972, à Derry, en Irlande du Nord, une marche pacifique pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants tourne à l’émeute… Cette journée, désormais inscrite dans l’Histoire sous le nom de Bloody Sunday, marque le début de la guerre civile.
Flaky et Camarades - Le Cheval de fer (Marie-Jo Aiassa, Pierre Gurgand, Aaron Sievers, 1978)
Dans l’équipe, certains tiennent pour la première fois une caméra, pour tenter d’émulsionner avant qu’elle ne disparaisse, l’histoire des houillères. Dans les décombres de béton et de métal emmêlés, la fragilité des images, entre surexposition, flous et filages, fait surgir l’humain comme une apparition…
Invasions barbares (Les) (Denys Arcand, 2002)
Sébastien accepte tant bien que mal de revenir à Montréal aider sa mère à soutenir son père gravement malade. Pour adoucir les épreuves de ce dernier, il rameute la joyeuse bande de sa jeunesse.
Persepolis (Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud, 2005)
L’enfance et l’adolescence en Iran et en Autriche de la jeune Marjane, qui découvre le monde… Adaptation par l’auteur, d’une bande dessinée (autobiographique) à succès
Tuez-les tous ! - Rwanda : Histoire d’un génocide ″sans importance″ (Raphaël Glucksmann, David Hazan, Pierre Mezerette, 2004)
Que cachaient les termes de « Massacre inter-ethnique », de « Guerres tribales » que nous entendions sur toutes les ondes en 1994 … ? Que se passait-il VRAIMENT au Rwanda ? Quel a été le rôle des grandes puissances et de la France en particulier dans ce qui fut le dernier génocide du XXème siècle ?

Rédacteur en chef de la revue Cinéscopie (revue des amateurs de cinéma)
Pour « Autour du 1er Mai », je choisis cinq films parmi mes dizaines de films préférés. J’aurais tendance à classer les films dans les genres et les techniques, les thèmes et les discours, les courants esthétiques, pour m’y retrouver, mais surtout pour le plaisir car je sais que ce n’est pas fondamental. Entre cinéphile et cinéphage, je me situe.
Farrebique de Georges Rouquier (1945) parce que c’est du « cinéma soviétique français ».
Roger et moi de Michael Moore (1989) parce que c’est du cinéma !
La Terre de Dovjenko (1930) parce que ça sent l’odeur de terre, et que c’est du cinéma soviétique.
Aubervilliers d’Elie Lotar (1946) parce que c’est du Prévert et parce que c’est la Seine-Saint-Denis et qu’elle a aussi une histoire.
Une infinie tendresse (1969) parce qu’on a oublié le film ainsi que son réalisateur Pierre Jallaud, et que ce n’est pas juste.
Aubervilliers (Eli Lotar, 1945)
Un film réalisé dans la banlieue parisienne au cours de l’été 1945 et dont le but est d’attirer l’attention sur les conditions d’existence des habitants des grandes villes.
Farrebique (ou les 4 saisons) (Georges Rouquier, 1945)
La chronique d’une famille de paysans aveyronnais au rythme des quatre saisons.
Infinie tendresse (Une) (Pierre Jallaud, 1969)
L’amitié entre deux petits garçons dans un centre pour enfants handicapés cérébro-moteurs.
Roger and me (Michaël Moore, 1989)
Dans le Michigan, la ville de Flint est le berceau et le symbole des usines automobiles General Motors. Le président directeur général, Roger Smith, a décidé de fermer la plupart des usines du site, provoquant le licenciement de 35 000 employés. Michael Moore, caméra au poing, va tenter de rencontrer l’homme d’affaires pour le mettre en face des réalités…
Terre (La) (Alexandre Dovjenko, 1929)
Réduit à sa trame, La Terre raconte la collectivisation de la terre ukrainienne à travers le destin d’un jeune communiste. Un chef-d’oeuvre du cinéma russe.
« La forêt des amis » propose des choix de films totalement subjectifs et revendiqués comme tels, de personnes qui cheminent depuis longtemps avec notre manière d'aimer le cinéma.