Ni travail, ni famille, ni patrie - Journal d’une brigade FTP-MOÏ

Un film de Mosco Boucault

 1993  France  Documentaire  92 min  N&B et Couleur  Béta SP  Mode de production : Télévision  VF

 Scénario : Mosco Boucault  Musique : Krishna Levy  Image : Dominique Alisé  Son : Dominique Lacour  Montage : Catherine Gouze

Producteur :
Arte France (8, rue Marceau, 92785 Issy-les-Moulineaux cedex 9, Tél : 01.44.30.46.00)
Distributeur :
IMA Films (2, rue Turgot, 75009 PARIS, Tél 01 44 53 11 70, Fax 01 40 16 00 84)
Distributeur institutionnel :
ADAV (41 rue des Envierges, 75020 Paris, Tél : 01 43 49 10 02, Fax : 01 43 49 25 70, @ : contact@adav-assoc.com)
 Éditeur :
Arte vidéo (ARTE France Développement - Service commercial, 8, rue Marceau, 92785 Issy les Moulineaux cedex 9)

Ils étaient lycéens, étudiants, fils de paysans, ouvriers. Parmi eux il y avait des juifs, des étrangers et des communistes. Certains étaient nés en France, d’autres en Pologne, en Hongrie, en Roumanie, en Italie, en Espagne ou au Brésil.

En 1939, ils ne se connaissaient pas. En 1943, ils prenaient ensemble les armes à Toulouse pour combattre l’occupant nazi et le régime de Vichy.

Les uns parce qu’ils avaient fait la guerre d’Espagne et avaient un compte à régler avec le fascisme. Les autres parce qu’ils étaient persécutés. Ils ont formé à Toulouse la 35e brigade FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée). Ils ont risqué leur vie pour libérer le sol de France, leur terre d’asile. Dix huit des leurs ont été arrêtés par la police de Vichy et livrés aux Allemands. Deux sont morts dans le train qui les emmenait en déportation. Quatre ont été fusillés. Marcel Langer, le fondateur de leur brigade, a été guillotiné. Les autres par miracle ont survécu. Ils témoignent.

« Pourquoi un documentaire de plus sur la Résistance? Parce que ces hommes et ces femmes étaient simples, anodins et qu’ils avaient vécu une histoire belle, tragique, triste et violente. Parce qu’ils étaient une poignée, fragiles, vulnérables, et qu’ils ont tenté avec leurs modestes moyens de mener un combat noble: ‘No pasaran!', ‘le fascisme ne passera pas’. Parce que leur résistance a été légitime et qu’avec eux des mots tels que ‘clandestinité’, ‘guérilla’, ‘brigade’ - que nous avons souvent vus resurgir par la suite - avaient une morale, une vertu. Parce que j’aurais aimé être un des leurs. Je les ai conviés à se retrouver un dimanche de l’hiver 1991 sur la place du Capitole à Toulouse. Nous avons enregistré leurs récits chez eux et dans les rues de Toulouse. Ce fut difficile: leur histoire, qui était plus ou moins facile à raconter en 1945, ne l’était plus aujourd’hui. Ils hésitaient, ils résistaient à donner libre court à leurs souvenirs, comme si leur résistance, victorieuse en 1945, ne l’était plus aujourd’hui. Ils n’étaient pas les seuls résistants à combattre à Toulouse. Mais les tâches qui leur furent échues, les actions qu’ils ont dû exécuter étaient âpres, violentes, difficiles à raconter cinquante ans après, en dehors du contexte de l’occupation nazie et du climat de répression du gouvernement de Vichy. Ils craignaient le malentendu: qu’on les prenne, au vu du récit de leurs actions et en l’absence du témoignage de leurs ennemis (la Gestapo, la Milice), pour des tueurs, des terroristes. »

Mosco Boucault

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