D’une école à l’autre

Un film de Pascale Diez

 2012  France  Documentaire  95 mn  Couleur  Mode de production : Cinéma

 Scénario : Pascale Diez  Image : Nara Kéo Kosal, Pascale Diez  Son : Pascale Diez, Nara Kéo Kosal  Montage : Bonita Papasthati

Producteur :
Les Sentinelles éternelles (38 rue Dunois, 75013 Paris, @ : lessentinelleseternelles@gmail.com)
Distributeur :
Les Films du paradoxe (2 bis rue Mertens, 92270 Bois-Colombes, Tél : 01 46 49 33 33, Fax : 01 46 49 32 23, Mail : films.paradoxe@wanadoo.fr)

Lorsque l’on évoque l’éducation artistique, on souligne en premier lieu le fait que les enfants doivent se « frotter » aux œuvres, qu’ils rencontrent des créateurs et qu’ils apprennent l’histoire des Arts. On évite avec une grande délicatesse la pratique artistique qui ne fournirait que des objets amateurs ne pouvant entrer dans le grand livre des « créations ». Plusieurs films de ces dernières années nous démontrent le contraire, avec simplicité et puissance. Le film de Pascale Diez est dans cette catégorie, même s’il ne s’agit pas de créer un geste artistique avec les images et les enfants.

La réalisatrice nous offre un moment fort de cinéma et démontre, avec une immense simplicité que les enjeux pédagogiques de la création, quelle qu’elle soit, devraient être au cœur de l’enseignement, que la participation à cet acte créatif fait appel chez les enfants à autre chose qu’aux « capacités scolaires », que le cinéma peut nous réjouir de voir le bonheur de ces enfants qui s’approprient des savoirs, s’impliquent, se construisent, s’expriment, apprennent à écouter, à danser, à réfléchir et à respecter les autres.

Encadrés entre autres par le Sound Painter Christophe Cagnolari, les enfants participent à des ateliers et à un spectacle de « Sound Painting » (discipline mêlant expression corporelle, musique et théâtre). Pascale Diez filme les enfants de près et nous sommes témoins de cette intimité. Ils nous parlent de leurs peurs, de leurs envies, de ce qu’ils apprennent, des préjugés qui disparaissent… C’est aussi là que ce film nous interpelle, car la réalisatrice a suivi la rencontre entre des enfants de CM1 de deux écoles parisiennes : l’école Saint-Jacques du 5ème arrondissement de Paris et l’école de Belleville dans le 20ème arrondissement. Deux mondes qui se côtoient et qui finissent par n’en faire qu’un seul.

Avec finesse, Pascale Diez filme ces moments de partage, sans commentaires et sans nous asséner de grandes théories sur la mixité sociale ou autre tarte à la crème du mélange nécessaire. Les images parlent d’elles-mêmes. Nous savons que bien des enseignants « découvrent » certains élèves à l’occasion de ce type de projet et que la pratique des arts peut, sans doute aucun, contribuer à lutter contre l’échec scolaire, mais au-delà de tout cela, nous apprenons que la puissance de la création peut intéresser tous les publics, et que, pour ceux qui l’auraient oublié, le jeu fait partie intégrante du monde de l’enfance. C’est ce que visiblement savent très bien les deux enseignantes, maillons indispensables de la chaine, qui ont monté le projet avec Pascale Diez, et qu’il faut saluer pour leur clairvoyance. S’il n’y avait qu’un seul film à montrer à tous ceux qui organisent le rapport des enfants avec l’Art, ce serait celui-là.

(source : Passeurs d’images)

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