Journées d’études : 1917, regards croisés sur la révolution bolchevik : impact et héritage

L’École nationale supérieure d’Art de Limoges, partenaire de notre festival 2017, vous propose de participer à deux journées d’études autour du thème du centenaire de l’année 1917, et de l’impact de la révolution bolchevik, journées au cours desquelles interviendra notamment Federico Rossin, programmateur de notre festival.


Retrouvez ici le programme complet de ces journées.

La guerre mondiale qui a laissé de profondes blessures dans l’histoire de l’humanité, a donné vie à des œuvres littéraires et artistiques chargées d’une souffrance poignante. En écho à la guerre, dans la culture artistique, s’est formé un mouvement antimilitariste international. Mais elle n’a provoqué aucun bouleversement ni dans l’histoire sociale, ni dans l’histoire de l’art. Ce sont les révolutions qui ont réalisé ces bouleversements et en premier lieu la Révolution d’Octobre en Russie qui a ébranlé le monde entier.

Il est difficile de surestimer la profondeur et l’envergure de l’influence qu’elle a exercée sur la culture artistique. Les secousses révolutionnaires ont entamé les fondements traditionnels de toute la vie artistique, ont libéré et mis en mouvement des forces créatrices grandioses, avec la violence d’une éruption volcanique ont amené à la surface une profusion sans précédent de nouvelles idées artistiques, de recherches audacieuses, d’élans et de réalisations.

C’est le mode d’existence sociale de l’art lui-même qui a changé. L’art s’est trouvé un auditoire de masse : le peuple révolutionnaire, dans lequel il a éveillé une aspiration grandiose qui s’est enflammée malgré tous les affres de la guerre civile, de l’intervention étrangère, de la famine et de la désorganisation. L’art lui-même se tourna largement vers les masses, se pénétrant de leurs émotions et de leurs intérêts, acquérant une nouvelle emphase et de nouvelles dimensions. Ici, peut-être, le plus remarquable réside dans l’union d’un mouvement artistique de masse et d’un très grand nombre des plus brillantes personnalités créatrices, brûlant de nouvelles idées, cherchant leur place dans la réalité révolutionnaire de ces années-là.
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C’était il y a cent ans et pourtant nous tenons à y revenir. Toujours accros et critiques à ces personnalités – politiques, intellectuel-le-s, artistes, syndicalistes, etc. – que nous pouvons louer ou dégommer à notre aise tant ils sont encore et encore des références, tant ils ont inscrit et transmis des possibles immenses offerts à une inventivité infinie. Ils furent nombreux, femmes et hommes, autour d’un redoutable petit bonhomme à casquette, chef du parti bolchevik, tous créatifs et expérimentateurs forcenés, au service de…

Et pourtant, et malgré ce que nous savons de la suite catastrophique, nous y revenons toujours à cette histoire qui « ébranla le monde », aux soviets qui ne faisaient pas de quartiers, à ceux du constructivisme et de l’Agit Prop, à la caméra de réalisateurs qui nous épatent parce qu’ils savaient la géométrie en mouvement, nous pensons à ceux qui chantaient, à leur musique et leurs Vkhoutemas qui nous inspirent encore ! Certains déçus s’exilant pour ne pas voir de près la Sibérie et d’autres collaborateurs zélés ou aveuglés, finissant par se suicider.

Avec les communications de :

  • Fabien ARCHAMBAULT, Maître de conférences en histoire contemporaine, Faculté des Lettres et sciences humaines, Université de Limoges.
  • Clotilde DRUELLE-KORN, Maître de conférences en histoire contemporaine, Faculté des Lettres et sciences humaines, Université de Limoges.
  • Marija PODZOROVA, A.T.E.R. en Histoire de l’art moderne et contemporain à la Faculté des Lettres et des sciences humaines à l’Université de Limoges.
  • Federico ROSSIN, Historien du cinéma.